Trésors des BU : Ex libris lux. La victoire de la culture sur les horreurs de la guerre

Les bibliothèques universitaires de Lorraine conservent des trésors patrimoniaux, dont la collection du War Service Library. 

 

Atrum post bellum, ex libris lux, c’est-à-dire : « Après l’obscurité de la guerre, la lumière des livres ». Cette devise synthétise la mission de la Bibliothèque Américaine à Paris. Le noyau des collections de cette bibliothèque est composé de livres légués par l'American Library Association chargée par le ministère de la guerre, lors de l’entrée en guerre des États-Unis, de fournir des services de bibliothèques aux soldats et marins américains enrôlés dans leur pays et à l'étranger, le War Service Library. Grâce à l’aide d’un grand nombre de bibliothécaires volontaires et une campagne de donations, l’Association put distribuer plus de 5 millions de livres, revues et journaux, vers plus de 1500 camps, hôpitaux militaires, navires de guerre. Ces bibliothèques militaires offraient divers services, comme l’envoi de livres par la poste vers les camps en province.

Le 26 juin 1917, dans le port de Saint-Nazaire, les premières troupes américaines débarquent sur le territoire français et au début de l’année 1918, une bibliothèque pour le personnel militaire américain fut créée à Paris. Vu le succès de cette entreprise, la Bibliothèque Américaine de Paris ne ferma pas ses portes après l’armistice et, en 1951, des annexes furent ouverts dans des villes universitaires. En 1974, avec un fonds initial de 500 ouvrages fut fondée la Bibliothèque Américaine de Nancy. Elle est devenue aujourd’hui un département de la Bibliothèque Universitaire de Lettres et Sciences Humaines. 

Cependant, une collection précieuse de livres provenant de la Bibliothèque Américaine à Paris et aujourd'hui conservés dans les fonds des Bibliothèques universitaires de Nancy témoigne des relations anciennes entre les deux institutions. Cet ensemble de livres fait partie des premiers ouvrages envoyés aux troupes américaines stationnées sur le sol français. Ils présentent tous une étiquette sur la page de garde ; elle montre un soldat souriant muni d’un fusil à baïonnette et d’une haute pile de livres : les deux objets les plus précieux pour ces hommes que la mort et la vie se disputaient. 

La collection est très variée. Un nombre important d’ouvrages porte sur l’histoire américaine, l’économie, la sociologie et la technologie montrant le but pédagogique que se donnaient ces bibliothèques, mais aussi l’effort de restituer à ces soldats déracinés la chaleur de leur terre natale. Les lecteurs pouvaient trouver des livres de loisir, des ouvrages qui leur révélaient la culture du "Vieux Monde", ou encore des livres au sujet plus intime lié à l’expérience de la guerre.

Il est remarquable que cette collection soit composée en particulier de premières éditions et de classiques de l’époque. L’effort pour « offrir le meilleur service aux hommes » est rappelé par Burton Stevenson, premier bibliothécaire de la Bibliothèque Américaine à Paris : « We want attractive books -nice copies of good editions- and the more of these we get the better service we can give the men. »

Source : Factuel (29/04/2021)

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