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Portrait de pro : Pascal Mouhouélo

Emploi

Pascal Mouhouélo, documentaliste de référence au Bureau régional pour l'Afrique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Brazzaville (Congo)

Diplômé de l'École des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de Dakar (Sénégal), Pascal Mouhouélo est également titulaire d'une maîtrise en communication (option Documentation) de l'Université de Brazzaville et d'un certificat spécialisé en bibliothéconomie et sciences de l'information de la School of Health and related Research (SCHARR) de l'Université de Sheffield (Royaume-Uni).
 

Après toutes ces années de formation, votre emploi à l'OMS a été votre premier poste ?

Oui, j'ai été recruté en 1991 par la bibliothèque et le centre de documentation du Bureau régional africain de l'OMS.
 

Quelles sont les tâches d'un documentaliste de référence ?

Après avoir analysé les besoins des usagers que sont le personnel de l'OMS mais aussi celui des ministères de la Santé de la région Afrique, les personnels de santé et les chercheurs, je dois les aider à accéder aux sources d'information tant imprimées qu'électroniques.

Mais nous sommes surtout au service des professeurs, des médecins et des chercheurs pour qui une des salles a été réservée. Par ailleurs, le personnel de l'OMS qui s'adresse à nous est aussi anglophone et lusophone, et nous devons pouvoir leur proposer des informations dans leur langue. Nous assurons une veille pour diffuser par courrier électronique les informations médicales ou sanitaires les plus récentes.

Je suis également chargé de former les usagers à l'utilisation des technologies de l'information et des bases de données en ligne. Je les aide notamment à interroger Wholis (la base de données de l'OMS), Medline ou le catalogue et les index de sites médicaux francophones (CISMEF, maintenu par le CHU de Rouen) et bien d'autres.

Je gère aussi divers projets dans le cadre d'une coopération internationale.
 

Peut-on connaître les détails de ces projets ?

Je fais la promotion du programme HINARI de l'OMS, réservé aux pays en développement. Grâce à des accords avec des éditeurs, il permet de donner accès à bas prix aux périodiques les plus importants en médecine et sciences sociales à des établissements publics à but non lucratif.

Dans ce cadre j'ai animé des formations au Rwanda en 2005, au Sénégal et au Mali en 2006 et j'irai sans doute au Burkina Faso et à Madagascar en 2007. Il est probable que j'aille aussi présenter le programme en Érythrée et au Botswana.

Dans le cadre du projet "Bibliothèques bleues" de l'OMS, je forme des responsables pour divers pays africains (Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Comores, R. D. Congo, Éthiopie, Madagascar, Mauritanie, Rwanda, Sénégal, Ouganda).

J'ai également contribué à la mise en place du centre de documentation de l'OMS au Ghana.
 

Un programme bien rempli qui demande, j'imagine, une mise à niveau permanente.

Oui, d'une part par une formation au sein de l'OMS en Suisse en 2002 où, pendant trois mois, j'ai travaillé pour une base de données qui alimente les bibliothèques bleues des pays africains et du Proche-Orient.

Plus récemment, j'ai séjourné à New Haven (États-Unis) puisque l'Université de Yale m'a accordé une bourse de quatre mois, de septembre à décembre 2006 pour renforcer mes compétences sur les collections électroniques et les services de référence, mais aussi mener différentes actions de communication sur les activités de mon centre de documentation auprès de différentes universités aux États-Unis (New York, Massachusetts, Seattle, Washington DC, Hartford) ainsi qu'à la Bibliothèque nationale de médecine et à la Bibliothèque du Congrès.

En 2000, j'avais déjà été invité par le centre de documentation du Centre des études africaines de Leiden (Pays-Bas), ce qui m'a permis de découvrir la gestion de sa collection et sa politique de coopération.

Je participe à plusieurs conférences internationales, telles que celles organisées chaque année par l'International Federation of Library Associations (IFLA). Grâce au Comité français IFLA, j'ai pu ainsi me rendre à Oslo, à Séoul, et j'espère bien pouvoir participer à celle qui est organisée cette année en Afrique du Sud, à Durban, puisque j'y présente une communication.

J'ai assisté aux séminaires organisés par l'Eastern, Central and Southern Library and Information Associations et l'Institut francophone des nouvelles technologies de l'information et de la formation (INTIF). Je participe aussi à toutes les manifestations organisées chaque année par l'Association pour l'information et les bibliothèques de santé en Afrique (AIBSA),
 

Il me semble avoir déjà entendu parler de cette association ?

Documentaliste-Sciences de l'information a publié une courte présentation de l'AIBSA (ou AHILA* en anglais) que j'avais rédigée avec Marie-Paule Kaboré. C'est la seule association qui, en Afrique, regroupe tous les spécialistes de l'information médicale, qu'ils soient archivistes, bibliothécaires ou documentalistes. C'est moi qui modère AHILA-net, la liste de discussion de ses membres.

L'un des grands projets géré par l'Association avec le soutien de l'OMS est l'African Index Medicus. C'est un répertoire de toutes les sources d'information et de la littérature médicale produites par les pays africains, accessible sur l'internet.

Aujourd'hui nous souhaitons intégrer la base dans la Bibliothèque mondiale sur la santé maintenue par l'OMS. Je me rendrai en ce mois de mars à Sao Paulo pour présenter l'expérience africaine à des collègues brésiliens puisque le programme doit être étendu à d'autres régions du monde.
 

Vous ne vous contentez pas de proposer des références bibliographiques mais des documents en texte intégral. Comment négociez-vous ces accès ?

Nous avons la chance de disposer d'une équipe à l'OMS à Genève qui négocie des contrats pour nous. Nous avons accès par ce biais à un millier de revues. Le programme HINARI nous permet d'avoir des conditions particulières, réservées aux pays en développement, et de bénéficier de formations. Nous disposons ainsi de plus de 3 500 revues francophones, anglophones mais aussi lusophones, le portugais étant la langue officielle de cinq pays africains.
 

Un dernier mot ?

Juste vous remercier pour cette opportunité et souhaiter longue vie à l'ADBS.
 

* Association for Health Information and Libraries in Africa
 

enlightenedLe Bureau de la région Afrique de l'OMS

Dirigé par le Dr Luis Gomes Sambo, la région africaine de l'OMS couvre 46 des 53 pays africains. Ses divisions : lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; lutte contre les maladies transmissibles ; environnement sain et développement durable ; lutte contre les maladies non transmissibles, santé de la famille et reproduction, développement des systèmes et services de santé.

Les bibliothèques bleues

Elles contiennent dans une boîte métallique une collection d'une centaine de livres de médecine et de santé publique, sélectionnés pour répondre aux besoins des médecins, des infirmiers et du personnel de santé quel que soit leur niveau.

 


© L'Oeil de l'ADBS, M. B., mars 2007

Rédigé par ADBS
Publication le 22 mars 2007 - Mise à jour le 11 avril 2020