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Portrait de pro : Marie-Madeleine Salmon, professionnel de l'information européen de l'année !

Emploi

"J'ai toujours suivi la même philosophie au sein et à l'extérieur de mon entreprise : œuvrer pour la reconnaissance du métier de documentaliste."
 

Marie-Madeleine Salmon est documentaliste dans le groupe Publicis depuis plus de vingt ans. Responsable de la documentation, mais aussi chargée de cours à l'Institut universitaire professionnalisé d'ingénierie en documentation d'entreprise, réseaux et image de Dijon, elle assure une partie des cours sur l'indexation et la veille. Elle développe également une formation spécifique sur le marketing et la communication adaptés à l'information-documentation. Elle assure aussi ce type de formation à l'ADBS.
 

Quel est ce prix que vous avez reçu à Baltimore ?

La Special Library Association (SLA), qui existe depuis 1909 aux États-Unis, attribue plusieurs prix chaque année. Celui que j'ai reçu reconnaît les travaux d'un professionnel vivant et travaillant en Europe. C'est la première fois qu'un professionnel français reçoit cette distinction et j'en suis très heureuse.

Ce qui a retenu leur attention ? Le travail que je mène, depuis de nombreuses années, pour valoriser le centre de documentation que j'ai réorganisé au sein du groupe Publicis ; et au-delà, mon souci de mettre en avant, par le biais des formations que j'assure, les compétences en communication des professionnels de la documentation. J'ai toujours suivi la même philosophie au sein et à l'extérieur de mon entreprise : œuvrer pour la reconnaissance du métier de documentaliste.

Étant en contact, depuis plusieurs années, avec nos collègues anglais (je participe régulièrement au congrès On-Line à Londres), j'ai constaté que la démarche marketing, "entrepreneuriale", imprégnait toutes les facettes du métier. Cet état d'esprit est intéressant, même s'il faut bien sûr l'adapter à nos valeurs...
 

Vous enseignez les techniques "marketing" à des documentalistes. Comment reçoivent-ils cette innovation ?

Certains professionnels sont en effet peu ouverts à ces techniques, qu'ils estiment inadéquates à leur secteur et trop commerciales. L'idée de "se vendre" leur paraît contradictoire avec notre métier, au service des autres. Le recours à des objets promotionnels pour mettre en valeur les services surprend : pourtant, ces types de cadeaux, lorsqu'ils sont bien "calculés", ont un impact important sur la visibilité d'un centre de documentation.

À l'Université de Bourgogne, les jeunes étudiants sont plus réceptifs. On n'a aucun souci pour les convaincre.

Le côté créatif séduit beaucoup. Je mets l'accent, dans mes formations, sur des cas concrets, sur les "ficelles" de cette démarche : la création d'une affichette ou d'un dépliant pour présenter son propre centre de documentation. Je m'attache à démontrer l'importance d'une synergie entre toutes les actions de promotion : manifestations, expositions, opérations portes ouvertes, mais aussi - on y pense rarement -, jeux, concours et remises de prix. Toutes ces techniques doivent faire l'objet de calculs précis.
 

Vous-même, avez-vous été formée au marketing ?

Oui, j'ai été formée à Dauphine. Dans les années soixante-dix, on mettait l'accent sur les aspects quantitatifs, et on nous entraînait à penser "clients", à nous mettre du côté de l'utilisateur et de sa pratique, on regardait déjà la valeur d'usage. Aujourd'hui, on souligne les aspects sociologiques.

Cet aspect du marketing ne permet-il pas de séduire certains documentalistes réticents ?

En effet. Ces techniques ont été conçues dans un cadre commercial, certes. Il convient tout simplement de les adapter à notre problématique en info-doc.
 

Comment s'organise aujourd'hui la documentation dans le groupe Publicis ?

Les modèles du groupe Publicis changent très vite. Ils obéissent à des cycles très courts, de deux ans environ, et l'organisation documentaire doit suivre, tout en restant en synergie avec tous les membres du groupe au niveau mondial. Aujourd'hui, nous suivons trois orientations : la sous-traitance, la mutualisation, la répartition en réseaux au niveau mondial. Les achats destinés à alimenter les bibliothèques numériques sont assurés via une mutualisation (parfois difficile) au niveau du groupe. Nous devons totalement "repenser" la gestion documentaire : cette réflexion se traduira très prochainement par la mise à disposition d'un portail.

 


© L'Oeil de l'ADBS, M. B., juillet 2006

Rédigé par ADBS.
Publication le 22 juillet 2006 - Mise à jour le 14 octobre 2008