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Portrait de pro : Jean-François Cosandier

Emploi

"Nous avons toujours de nouveaux projets en ligne de mire."
 

Responsable du service de documentation et d'archives de la Radio suisse romande (Lausanne) depuis 1980, et président du Groupe romand de documentation, Jean-François Cosandier enseigne également l'analyse du document sonore à la Haute école de gestion (HEG) de Genève, dans le cadre de la filière "Information et documentation".
 

Depuis combien de temps êtes-vous documentaliste ?

Plus de trente ans ! En 1974, j'ai travaillé dans un centre cantonal de documentation pédagogique puis, en 1980, après une formation à l'Institut national des techniques de la documentation (INTD), je suis entré à la Radio suisse romande.
 

Vous a-t-on confié des responsabilités dès vos débuts ?

Oui, puisque l'on m'a chargé immédiatement de constituer, à partir de différents services existants, un service central de documentation et d'archives, dans le cadre d'une radio publique de langue française. Cela représente un effectif de 26 personnes, un chiffre qui a peu évolué jusqu'à présent.
 

En vingt-cinq ans, le service a certainement évolué...

Oui, bien sûr. Lorsque je suis arrivé, les personnes qui travaillaient dans les centres de documentation et les services d'archives étaient peu qualifiées. On leur demandait surtout de classer et de savoir retrouver des documents dans des rayons. La première évolution a consisté à professionnaliser les membres de cette équipe et j'ai participé à cette action.

Ensuite, il a fallu informatiser. C'est un dossier où je me suis beaucoup investi. La part la plus importante était représentée par la musique enregistrée. Dans ce cadre, l'ensemble des radios suisses de la Société suisse de radiodiffusion et de télévision (SSR) ont constitué une base de données commune, PHONO, alimentée par un catalogage partagé. Cette base a été très utile pendant une vingtaine d'années.

La troisième évolution a été la gestion et l'archivage des contenus numériques. Cela fait près de dix ans que notre production a été numérisée. Une solution d'archivage en ligne devenait nécessaire, et cela a été notre priorité de ces dernières années.

Elle est maintenant opérationnelle. C'est un outil de travail indispensable pour ceux qui produisent des émissions car l'utilisation des supports traditionnels va peu à peu disparaître. On abandonne donc progressivement toutes les solutions transitoires adoptées précédemment (telles que les CD enregistrables ou les disques optiques) pour des serveurs de très grande capacité qui facilitent la gestion et la recherche des documents. En 2003, on y fait migrer les émissions radio et, depuis 2005, nous y cataloguons aussi les CD, avant d'en numériser également le contenu. La réalisation de ces étapes n'a pas été une mince affaire.

D'autres chantiers sont abordés aujourd'hui. Nous comptons numériser les archives analogiques existantes, dont le volume est considérable (170 000 bandes magnétiques audio en archives). Cela devrait, entre autres, nous permettre de réaliser de nouveaux produits qui mettent en valeur nos contenus, tels que de nouveaux programmes sur DAB (Digital Audio Broadcasting), mais avec des moyens financiers en baisse. Par ailleurs, nous participons à un projet européen sur les nouvelles méthodes d'indexation et de recherche des documents audio, en partenariat avec l'Unesco et plusieurs sociétés situées dans divers pays européens.

Aujourd'hui, on maîtrise assez facilement les problèmes liés à la capacité mémoire. Mais les aspects relatifs à l'indexation restent complexes et lourds. Pour notre projet de numérisation des disques commerciaux, nous allons certainement devoir travailler avec les métadonnées fournies par les producteurs, pour des raisons de rationalisation. C'est un mode de travail tout à fait nouveau, pas toujours très facile à faire accepter.
 

Vous êtes aussi Président du Groupe romand de documentation...

À côté de l'association suisse de documentation (ASD), l'association des professionnels francophones de l'information documentaire en Suisse romande propose depuis une dizaine d'années des formations continues, en partenariat notamment avec l'ADBS.

En Suisse, les associations de documentalistes, de bibliothécaires et d'archivistes se sont regroupées il y a douze ans pour mener une réflexion sur la formation initiale qui a débouché sur la mise en place d'un tronc commun : archives - bibliothèques - documentation. Aujourd'hui, les formations sont proposées au niveau licence (HES-Bachelor) par plusieurs hautes écoles, notamment, pour la partie francophone, par la Haute école de gestion de Genève. Nous espérons que, d'ici quelques années, il sera possible de suivre en Suisse des cours débouchant sur un diplôme de niveau Master II.

Ces actions menées dans le cadre interassociations (Association des archivistes suisses ; Association des bibliothèques et bibliothécaires suisses ; Association suisse de documentation) se traduisent aussi par une publication commune, intitulée Arbido, qui est, cette année déjà, en partie publiée sous une forme numérique.

Quant à l'eurocertification des professionnels de l'information-documentation, plusieurs associations, dont le GRD, ont créé un groupe de travail commun, destiné à devenir un comité de certification. Nous allons établir un partenariat entre l'association suisse de documentation, la Deutsche Gesellschaft für Informationswissenschaft und Informationspraxis (DGI) en Allemagne, et l'ADBS en France. Grâce à cette collaboration, les professionnels travaillant en Suisse auront bientôt accès à l'eurocertification.
 

enlightenedLe service de documentation et d'archives

Ce service est organisé autour de trois pôles :

  • la documentation écrite, traitant la presse et les sources écrites, et organisée autour d'un ensemble de bases de données d'informations nécessaires à la réalisation des émissions ;
  • les archives, qui gèrent la sélection et la conservation des émissions de radio et des productions enregistrées (musique, etc.) ;
  • la "documentation sonore", qui est en fait la discothèque centrale de la radio, gérant les matériaux destinés à la sonorisation des émissions.

Outre les fonctions traditionnelles de recherche sur les ressources documentaires, le service alimente l'information sur les contenus diffusés, permettant la déclaration des droits ainsi que la mise en oeuvre des divers systèmes de gestion de contenu et de publication d'informations sur Internet. Il est fortement concerné par l'importance croissante des métadonnées dans les médias.

 


© L'Oeil de l'ADBS, M. B., sept. 2006

Rédigé par ADBS
Publication le 22 septembre 2006 - Mise à jour le 11 avril 2020