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Wissensorganisation, Entwicklung, Aufgabe, Anwendung, Zukunft / Ingetraut Dahlberg

[Organisation du savoir. Évolution, mission, application, perspectives]

publié le 23 juin 2015

Würzburg : Ergon Verlag, 2014. - 175p. - ISBN 978-3-95650-065-7 : 28 €

Analyse de Herbert EISELE
Docteur en droit
Ex-directeur de terminologie à l'ISIT - Institut catholique, Paris
herbert.eisele[at]free.fr


ORGANISATION DU SAVOIR : UN OUVRAGE AUX IDEES NOVATRICES

L'auteure, fondatrice et éditrice de International Classification/Knowledge Organization et ex-présidente de l'ISKO, présente dans ce petit ouvrage la quintessence de ce qu'elle entend par « organisation du savoir ».

 Classer les connaissances en systèmes se fait depuis le XVIIIe s. (Linné) ; or, on classe des concepts qui, selon Gottlob Frege[1], résultent sous forme de désignation, terme ou code des attributs distinctifs (Merkmale) d'un référent, de sorte que l'ensemble de ses caractéristiques font du concept une unité du savoir. Des caractéristiques similaires conduisent à des corrélations qui, par arborescence, constituent des systèmes conceptuels à caractère classificatoire.

D'un système classificatoire à un système définitoire

Ingetraut Dahlberg distingue trois familles relationnelles : 1° quatre relations logiques (identité, implication, intersection et disjonction) ; 2° quatre relations catégorielles (entité, qualité, activité et dimension) ; et 3° quatre relations substantielles (abstractive/générique, partitive, complémentaire et fonctionnelle). Ce sont les relations d'implication/intersection ou les relations abstractives/partitives qui forment les hiérarchies d'un système ordonné. Ces classifications à facettes offrent une très grande souplesse et se prêtent idéalement à toute exigence de représentation. Par la famille des 4 relations substantielles, l'auteure introduit une nouvelle théorie définitionnelle, car une définition explicite le contenu d'un concept (son sens). Par la hiérarchisation, un système classificatoire devient du coup un ample système définitoire.

La "Information Coding Classification" (ICC)

Un système nécessite aussi pour fonctionner un cadre numérique allocataire. En adoptant le registre 3 x 3, nommé « systémificateur », l'auteure développa pour sa thèse de doctorat, parue en 1974 sous le titre de « Fondements de l'ordre universel du savoir », son idée d'un système classificatoire des connaissances échelonné par niveaux intégrants, en s'appuyant sur les catégories ontologiques d'Aristote reprises par Nicolai Hartmann[2]. Cette nouveauté, appellée Information Coding Classification (ICC), ne part pas de disciplines mais de neuf échelons ontologiques évolutifs :
I -  prolégomènes : 1° forme et structure, 2° matière et énergie, 3° cosmos et terre,
II - domaine du vivant : 4° biosphère, 5° homosphère, 6° sociosphère,
III - produits du vivant : 7° produits matériels (technique et économie), 8° produits intellectuels (connaissances et information) et 9° produits de l'esprit et de la culture (y compris religion).

Les disciplines et domaines du savoir visés par ces 9 échelons ontologiques se regroupent sous 9 notions catégorielles figurant sur une grille sous l'échelon zéro (0).
Le codage des concepts, se faisant par le langage universel des nombres décimaux, sert aussi de moyen mnémotechnique, car les mêmes contenus occupent toujours les mêmes positions chiffrées.

Perspectives

L'ouvrage reprend, après l'exposé de l'ICC, les 12 principes le régissant et insiste sur ses perspectives non seulement pour classer les généralités catégorielles en tête de la grille opératoire, mais surtout pour dessiner des encyclopédies, aménager des plans d'étude, agencer des archives, encadrer le web sémantique, créer un lexique des connaissances, aider à la normalisation, servir de langage unifié aux connaissances ou de liaison entre systèmes classificatoires.

S'il est vrai que les biblio-classifications universelles commentées (DDC, UDC, LCC, BC, CC et la BBK russe) hébergent déjà énormément de données et qu'un nouveau système peut sembler superfétatoire, il n'empêche que l'ICC va bien au-delà des textes en visant le cœur de la Connaissance vivante. S'il est reconnu que le domaine de l'organisation du savoir mérite le rang d'une discipline scientifique, l'auteure préconise d'établir une institution de recherche et de développement dédiée, peut-être sous forme d'académie. C'est du moins son espoir et le but intrinsèque de son ouvrage.

Si, selon Aristote, « le tout est plus que la somme de ses parties », il importe dès lors de les identifier, classer et intégrer selon la réalité de leurs corrélations arborescentes, car l'intelligence des choses se trouve dans la reconnaissance de leurs liens, comme le sens des mots ressort de leur contexte. Et l'ICC permet de faciliter cette intelligence.


[1] Gottlob Frege : 1848-1925, logicien et philosophe allemand

[2] Nicolai Hartmann : 1882-1950, ontologicien, épistémologue allemand


Rédigé par ADBS

mise à jour le 23 juin 2015


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