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Vers le KM 2.0 : quel management des connaissances imaginer pour faire face aux défis futurs

publié le 20 mai 2009

coord. par Aurélie Dudezert et Imed Boughzala. – Paris : Vuibert, 2008. – 269 p. – (Entreprendre Informatique). – ISBN 978-2-7117-6936-0 : 28 €

Dans l'introduction de cet ouvrage, Aurélie Dudezert et Imed Boughzala rappellent les fondements sur lesquels repose le knowldege management et l'évolution qui ouvre sur une nouvelle ère, celle du KM 2.0. C'est dans ce cadre qu'est organisé, en 2007 à l'École centrale de Paris, le KM Workshop. Les auteurs en rappellent l'historique et annoncent la question clé de ces rencontres, énoncée dans le titre général donné au livre. Cette question structure l'ouvrage autour de trois principaux axes de recherches : KM et travail collaboratif, KM et relations organisationnelles, et KM et competitive strategy.

 

KM et travail collaboratif

La première partie commence par une communication d'Imed Boughzala, « Ingénierie de la collaboration pour le KM », dans laquelle il s'interroge sur ce concept et sur la place des technologies collaboratives dans le partage et la création de ces connaissances. Cela la conduit à introduire la notion de « partageabilité des connaissances ». Jean-Christophe Mielnik et Édith Felix lui emboîtent le pas avec une autre interrogation : « Quel partage des connaissances en entreprise à l'heure du web 2.0 et de l'intelligence collective ? » Les auteurs analysent, en s'appuyant sur un schéma très simple et très clair, les différences principales qui caractérisent les chemins possibles vers les futures plates-formes de gestion des connaissances en entreprise. « Une étude expérimentale des usages des wikis en entreprise dans la mouvance du web 2.0 », signée par Ali Ouni, clôture cette première partie en décrivant une étude expérimentale des usages de wikis au sein d'une grande entreprise de l'industrie automobile. Ces trois chapitres s'appuient sur des exemples d'entreprises réelles. Ils permettent de concrétiser les transformations en profondeur des organisations vers de nouvelles entreprises 2.0 utilisant massivement les possibilités offertes par le web 2.0.

 

KM et relations organisationnelles

Agnès Lancini ouvre la deuxième partie de l'ouvrage avec une réflexion, dans son avant-propos, sur les « Enjeux et perspectives du KM interorganisationnel » ou IKM, accompagnée de la proposition d'un cadre théorique pour traiter ce sujet. Elle dresse une typologie des formes interorganisationnelles et envisage leurs perspectives de déploiement. Le premier chapitre, signé par Nathalie Fabbe-Costes, porte sur « Supply chain management et pratiques interorganisationnelle de gestion des connaissances : contributions à une réflexion sur le IKM ». Après avoir défini avec précision le concept de supply chain management (SC), elle présente une analyse en profondeur de l'articulation entre KM et SC, complétée par un état de l'art et des pratiques. Elle clôt cette étude en ouvrant sur quelques pistes à suivre pour relever le défi du IKM en SC. Elle complète son étude par une très longue bibliographie dans laquelle les chercheurs anglo-saxons sont très présents.

Agnès Lancini et Faycal Benabdallah s'intéressent au « Déploiement d'un système de gestion des connaissances interorganisationnel : cas d'un centre d'appels d'assistance technique ». Ils veulent répondre à la question posée par une entreprise : comment répondre efficacement aux demandes variées des clients suite à l'achat de produits techniques. Ce cas permet de souligner les avantages des démarches de IKM mais aussi les difficultés rencontrées. Aude Schindler décrit « Le pilotage des centres de recherche des pôles de compétitivité : le cas du centre intégré MIR Cen (CEA) ». Après avoir souligné la spécificité et les problématiques soulevées par ce type de centre, l'auteur démontre comment les démarches de KM constituent un levier de pilotage des entreprises du pôle.

 

KM et competitive strategy

La troisième partie est présentée par Aurélie Dudezert qui dresse un historique du KM pour en dire les évolutions socio-économiques et souligner qu'un enjeu de taille du KM « repose sur l'intégration des pratiques et démarches KM au cœur du développement stratégique de l'organisation dans une finalité offensive vis-à-vis de l'environnement ». Cette partie se compose de deux chapitres aux proportions très inégales dues à l'éclatement du chapitre 3 en 5 sous-chapitres.

Avec Christophe Binot, A. Dudezert signe le premier chapitre situant la « Place du KM dans les nouveaux modes organisationnels : la "network centric enterprise" » calquée sur le modèle militaire : Network Centric Warfare. L'application de cette démarche chez Wal Mart illustre l'intérêt d'un tel choix sur le marché concurrentiel de la grande distribution. Une autre entreprise préoccupe Nathalie Dupuis-Hepner, Christine Toumieux, Fanny Stosskopf et Aurélie Dudezert qui étudient « KM et alignement "business" ou comment le KM accompagne le projet du développement d'une organisation : cas d'Ernst & Young France ». Après avoir présenté l'entreprise et expliqué comment la mise en place du KM s'y est effectuée, les auteurs signalent les grandes évolutions à venir dans sa nouvelle organisation.

Aurélie Dudezert est encore présente avec, cette fois, Elénore Mounoud, pour dire les « Défis et opportunités : le KM entre technologies, comportements et organisations » : « L'enjeu des années à venir sera [...] vraisemblablement de redonner du sens et de l'intérêt pour le collaborateur à développer et partager son savoir de façon préférentielle au sein de l'entreprise. » « La gestion des ressources humaines : un catalyseur des politiques de knowledge management ? » constitue l'interrogation d'Isabelle Bourbon et de Nathalie Tessier qui, après avoir montré l'importance des pratiques et outils de GRH dans la mise en œuvre d'un programme de KM, présentent les résultats d'une étude empirique sur les pratiques d'évaluation en GRH. Enfin, Jean-Pierre Iuncker, Sandrine Bréchot, Frédéric Changener, Edwige Roncière, Martine Chicault, Imed Boughzala expliquent la « Capitalisation des connaissances dans les métiers du son au sein de "l'expérimentation de compagnonnage" à Radio France ». Il s'agit de rédiger le livre des connaissances d'un chef opérateur avant son départ à la retraite afin de préserver la mémoire des métiers et faire prendre conscience de la richesse du savoir développé en commun au sien d'une organisation.

 

La gestion des connaissances dans le champ de l'entreprise

Mickal Gardoni clôture cet ouvrage par « KM, R&D et innovation : des concepts matures, des applications à approfondir ». Il présente deux théories, TRIZ et C-K, cadres généraux pour résoudre collectivement des problèmes de conception en incitant à la création de nouvelles connaissances dans un but d'innovation.

Patrick charpentier assure enfin l'« Ouverture », pour souligner l'intérêt primordial de cet ouvrage qui s'intéresse à la gestion des connaissances dans le champ de l'entreprise, qui reste peu exploré. Il apporte son témoignage comme directeur général de l'Institut de l'exploitation ferroviaire du groupe SNCF. Il rejoint en ce sens les témoignages des auteurs des différents textes, très présents sur le terrain des entreprises dont ils analysent la gestion des connaissances. Un des intérêts majeurs de cet ouvrage réside principalement dans la diversité des auteurs et de leurs situations professionnelles. Cela permet d'apporter aux lecteurs non seulement une information théorique puissante sur le KM 2.0 (ce dont témoigne la bibliographie), mais aussi une possibilité de comprendre que ce KM 2.0 n'est pas un concept sans racines, purement théorique ou né d'un phénomène de mode. La gestion des connaissances est une facette prise en compte par un nombre sans cesse croissant d'entreprises. Cela permet de percevoir que ces dernières sont sur le seuil de nombreux changements en profondeur.

En permettant de trouver le trait d'union qui relie passé et avenir, expérience et création, le KM 2.0 devrait permettre aux entreprises de faire face aux défis du changement. À ce titre, le professionnel de l'information trouvera dans cet ouvrage beaucoup d'informations mais aussi un aperçu très réaliste de ce que devient ou va devenir, à l'heure du KM 2.0, l'entreprise dans laquelle il travaille.

Marie-France Blanquet


Rédigé par ADBS

mise à jour le 20 mai 2009


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