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Quel modèle de bibliothèque ? - La nouvelle bibliothèque : contribution pour la bibliothèque de demain - Le métier de bibliothécaire

publié le 14 février 2011

Quel modèle de bibliothèque ? / coord. par Anne-Marie Bertrand ; postface de Michel Melot. - Villeurbanne : Presses de l'Enssib, 2008. - 183 p. - (Collection Papiers. Série Généalogies). - ISBN 978-2-910227-73-9 : 34 €

La nouvelle bibliothèque : contribution pour la bibliothèque de demain / Claude Poissenot. - Voiron : Territorial Éditions, 2009. - 86 p. - ISBN 978-2-35295-767-6 : 49 €

 

Que de préoccupations pèsent sur le monde des bibliothèques ! Centrées depuis des années sur les besoins du public - et du non-public -, elles se déplacent actuellement sur la notion même de bibliothèque-médiathèque et sur le modèle qui la fonde.

Mais qu'est-ce qu'un modèle sinon, comme le précise Anne-Marie Bertrand, « la manifestation informée (mise en forme) de la représentation d'un objectif à atteindre » (p. 10) ? Si malaise il y a, ne peut-on l'imputer à l'objectif ? Ou à sa structuration ? En reprenant l'histoire des bibliothèques depuis le début du XXe siècle, Anne-Marie Bertrand souligne la « véritable révolution culturelle » que fut le passage de la bibliothèque conservatrice - où, selon un rapport ministériel de 1948, « le grand public ne vient pour ainsi dire pas » - à l'actuelle bibliothèque influencée par le modèle anglo-saxon, plus ouvert. Or ce type actuel, caractérisé par le libre-accès, la diversité des fonds, l'ouverture à un public varié, les activités culturelles, semble se brouiller ou s'épuiser. Les professionnels eux-mêmes n'hésitent pas à le remettre en cause.

Ainsi le groupe réuni autour du sociologue Claude Poissenot, d'une part, et Catherine Clément dans l'ouvrage publié par l'ENSSIB, d'autre part, décrivent les symptômes et précisent les causes de ce que de concert ils nomment l'« essoufflement du modèle ». Leurs constats se rejoignent sur l'essentiel : les choix de la bibliothèque reposeraient toujours trop sur le souci de prescrire des œuvres de qualité, voire d'éduquer le public, sans vraiment se soucier de ses désirs ni de ses préférences. D'où, en partie, son désintérêt. Bref, conclut Catherine Clément, « la médiathèque s'attache plutôt à changer le monde qu'à l'accompagner »., ce qui a fini par la mettre « peut-être un peu trop à l'écart du monde tel qu'il est et tel qu'il évolue » (p. 68). L'en rapprocher supposerait de prendre davantage en compte la diversité socio-culturelle du milieu, de diversifier les missions, en particulier vers le service aux usagers dont Christophe Evans rappelle combien peu, en France, il est valorisé, de lever l'ambiguïté sur son rôle social, « entre loisir et savoir » (Thierry Ermakoff, p. 72).

L'analyse, par les deux groupes de travail, des multiples obstacles - conceptuels, idéologiques, techniques, « résistances involontaires ou vieux atavismes » (Michel Melot, p. 177) - sur lesquels butent les meilleures intentions, finit par déboucher sur une éventualité glaçante : « La bibliothèque publique peut-elle mourir ? » (Cristina Ion). Certes non, mais « elle a changé d'allure » (M. Melot, p. 179). En effet, elle doit résoudre la tension qu'elle subit en tant qu'« institution culturelle dans une société de l'accès immédiat, de la surproduction commerciale et de la concurrence entre une multitude de lieux de loisirs, de culture et d'information » (C. Ion, p. 100). Face, entre autres, à ce que Claude Poissenot appelle « la concurrence des tuyaux » (p. 15), que devient la collection, longtemps fondement d'une bibliothèque ? Peut-on aller jusqu'à envisager l'une sans l'autre et voir les pratiques de consultation en ligne, usuelles en bibliothèques scientifiques, transposées en médiathèque, imposant à celle-ci un rôle dominant de service à la personne ? Le débat est ouvert.

En effet, si le Web est une forme de bibliothèque « à l'état gazeux » (Valérie Tesnière) qui ouvre à tout un chacun « l'accès à une infinité vertigineuse de collections » (M. Melot, p. 176), la concurrence est rude ! Mais bien des médiathèques « investissent le cyberespace »... L'exemple des bibliothèques municipales à vocation régionale, relaté par Livia Rapatel, montre que de nouveaux usages apparaissent grâce aux divers e-services proposés par l'établissement.

Un portrait plausible de la nouvelle bibliothèque est détaillé par Claude Poissenot qui en présente les différentes tâches telles que les ont définies son groupe de travail. En réponse à la question initiale : « À quoi sert la bibliothèque aujourd'hui ? », il dessine un équipement évolutif, conçu à partir de la population à desservir (p. 85), rassemblant une série de services, réactif par rapport au contexte local et aux évolutions sociales et technologiques. « Convivialité » devient un maître-mot du rapport bibliothèque-usager-lecteur.

Les auteurs de ces deux études se rejoignent pour estimer qu'« avec le temps toutes les bibliothèques semblent possibles, laissant au bibliothécaire un vaste champ d'initiative et d'expression » (M. Melot, p. 179). On ajoutera : ainsi qu'au visiteur curieux de cet indispensable établissement.

Ces deux ouvrages n'offrent pas de bibliographie mais de très copieuses notes au fil du texte.

Claire Guinchat

 

 

Le métier de bibliothécaire / Association des bibliothécaires de France ; sous la dir. d'Yves Alix. - Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2010. - 565 p. - ISBN 978-2-7654-0977-9 : 42 €

 

Véritable « bible » du bibliothécaire, Le métier de bibliothécaire est un ouvrage collectif publié par l'ABF, qui en a confié l'édition et la commercialisation au Cercle de la librairie. Paru pour la première fois en 1966 sous le titre Cours élémentaire de formation professionnelle, il a adopté son titre actuel lors de sa cinquième édition en 1977. Pilotée par Yves Alix, la douzième édition de cette somme relève avec brio les défis des précédentes : présenter toutes les facettes du métier à la fois dans sa pérennité et dans ses évolutions tant techniques que sociologiques, et accompagner le futur bibliothécaire tout au long de sa carrière. On peut cependant regretter que quelques concepts soient peu ou insuffisamment développés : le management, un défi nouveau pour les responsables des bibliothèques, est traité sous l'aspect assez traditionnel du gestionnaire. De même on aimerait un peu plus d'imagination concernant les indicateurs d'évaluation pour aider les managers à un réel pilotage de leur activité. Enfin le terme « client » est absent de cet ouvrage, signe sans doute d'un positionnement des bibliothèques dans une logique d'offre à l'« usager », assez éloignée d'une démarche marketing pourtant adoptée par un certain nombre d'entre elles. Voilà donc quelques suggestions pour la prochaine édition...

Élisabeth Gayon

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mise à jour le 14 février 2011


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