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Professeur-Documentaliste : un tiers métier. Coord. par Isabelle Fabre ; préface de Yves Jeanneret

publié le 26 décembre 2012

Dijon : Éditions Educagri, 2011, 249 p., 21 €

UN METIER DE MEDIATION

Analyse de Christian Bourret

Christian.Bourret[at]univ-mlv.fr


Cet ouvrage part des pratiques pour présenter un métier de médiation très spécifique, celui de professeur-documentaliste. Il insiste sur la figure du
trait d'union qui caractérise ce bi-métier, articulant une composante pédagogique et une composante documentaire. Il pose des questions centrales,
notamment pour les relations entre information et communication.

Dans sa préface, Y. Jeanneret souligne l'intérêt de l'ouvrage, notamment de privilégier une entrée par les objets et les pratiques, plutôt qu'être axé sur le CDI. Il valorise les différentes approches, où la complémentarité des regards éclaire les différents niveaux de médiation. La double posture d'enseignant et d'acteur documentaire se définit à partir de différentes déclinaisons du trait d'union entre les deux aspects de ce métier. Cette métaphore du trait d'union, qui existe aussi entre l'information et la communication, autant enrichie que déconstruite par le trajet proposé par les différents auteurs, est centrale dans tout l'horizon info-communicationnel.
Dès l'introduction, I. Favre soulève la question du trait d'union, censé rassembler et participer à la création d'un tiers métier spécifique, le trait d'union pouvant être perçu comme hydridation, mélange ou métissage (pas forcément valorisé). Les professeurs-documentalistes sont à la fois professeurs (ils enseignent), des professionnels de l'information (documentalistes) et, souvent, des responsables de la gestion d'un service : le CDI. Un « tiers métier » peut être une modalité de structuration d'un entre-deux, en créant autour du CDI un tiers-espace professionnel « unifiant ». Se pose aussi la question de l'identité du métier, en tension entre ses deux pôles d'enseignement et de documentation.

La 1re partie de l'ouvrage correspond aux regards scientifiques sur un métier complexe de médiation. G. Lefeuvre et G. Grenier-Gire livrent tout d'abord un
panorama des recherches sur ce métier à partir de cinq axes de questionnement : finalités, problématiques, cadres théoriques, objets et outils méthodologiques. N. Sembel propose ensuite le regard de la sociologie du travail, en insistant notamment sur les enjeux professionnels et politiques autour du trait d'union
avec l'alternative entre un fonctionnement en deux métiers ou une reconnaissance et une autonomie d'un métier spécifique.

La 2e partie de l'ouvrage est consacrée aux dynamiques de ce métier. C. Gardiès aborde la bivalence des tâches et des missions, en insistant sur l'interdépendance des savoirs. Puis T. Karsenti et G. Dumouchel proposent un détour par les formations aux compétences informationnelles au Québec et les nouveaux défis rencontrés. Est ensuite évoquée par V. Liquète et A. Lehmans l'entrée dans le métier à partir d'une étude menée auprès d'étudiants et de professeurs stagiaires en documentation. Cette partie se termine par le regard de J.-F. Marcel et S. Perget sur le développement du métier de professeur-documentaliste, avec la spécificité de l'enseignement agricole, notamment au
travers du dispositif d'inspection.

Une 3e partie rassemble les réflexions sur le trait d'union et le tiers-métier. Une réflexion sur le document comme métissage du métier, le professeur-documentaliste devant essayer d'inventer et d'imposer son métier aux élèves et aux enseignants, est d'abord présentée. P. Fraysse qualifie ses fonctions de floues et d'éclectiques, mélange de techniques, d'animation et d'interventions variées. À partir de travaux sur les langages documentaires, il apparaît, pour V. Couzinet, que les outils, destinés à indexer les documents et à susciter des questions pour les retrouver, peuvent favoriser des enseignements pour les élèves. Ces outils laissent transparaître les idéologies qu'ils véhiculent, l'influence qu'ils tentent d'avoir sur les usagers. Il s'agit de mieux comprendre les liens entre les sujets et les concepts et d'en percevoir les enjeux. I. Fabre propose ensuite une analyse de la contribution de l'espace documentaire à
la définition de ce tiers métier : espace souvent délaissé, oublié, non reconnu et non valorisé.
En conclusion, R.Maria Marteleto présente les axes de recherche sur l'éducation à l'information au Brésil, éducation qui s'appuie sur les concepts d'information
et de document, d'espace documentaire et de « métier-profession-travail » et qui s'ouvre, sur le plan épistémologique, à la construction d'une « tiercéité » du
métier, des savoirs et de l'espace documentaire scolaire.

À partir de regards disciplinaires différents, cet ouvrage met bien en évidence toute la complexité, la difficulté d'un métier de médiation spécifique dans
l'enseignement secondaire. Il peut aussi bien intéresser les praticiens, les étudiants en documentation, les chercheurs de différentes communautés scientifiques, concernés par le développement de cet important
bi-métier de médiation.



Rédigé par ADBS

mise à jour le 16 janvier 2013


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