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Opening Science. The Evolving Guide on How the Internet is Changing Research, Collaboration and Scholarly Publishing / Sönke Bartling, Sascha Friesike (eds)

publié le 12 septembre 2014

Springer, 2014. - 291 p. – ISBN 978-3-319-00025-1 (Print) : 52,74 € ; 978-3-319-00026-8 (Online & open access)

Analyse de Joachim SCHÖPFEL
joachim.schopfel[at]univ-lille3.fr


LA SCIENCE OUVERTE, UNE AUTRE MANIÈRE DE
« FAIRE DE LA SCIENCE »

Open science, la science ouverte, après open society, open access, open data... simplement un autre mot à la mode, un buzzword de plus pour les initiés ? Google ramène pêle-mêle une association en marge du CNRS, une collection de livres, une nouvelle revue canadienne, un blog, puis une interview dans le BBF de... 1984 où il était déjà question de la science ouverte, du projet de la future Cité de la Science, de la vulgarisation scientifique, du besoin de sortir des institutions traditionnelles, etc. Open science, synonyme donc de notre culture scientifique ? Une nouvelle outre pour du vieux vin en quelque sorte ?

Oui et non. Pour mieux comprendre, pour en savoir davantage, voici un livre en anglais, publié chez Springer, qui pourrait devenir rapidement un ouvrage de référence parce qu'il est bien écrit, abordable et intéressant et, surtout, parce que sa version numérique, en PDF et HTML, est diffusée en libre accès sur la plateforme SpringerLink. Il mérite plus qu'un clic de courtoisie ou de curiosité.

Les auteurs - scientifiques, bibliothécaires et documentalistes surtout des pays germanophones et des États-Unis - ont voulu faire le point sur ce concept d'open science, avec différentes approches et points de vue. Pari gagné. À travers ses courants théoriques, ses applications, développements et réalisations, ils réussissent à dégager un concept moderne de la science, un concept multiple et parfois contradictoire, certes, mais marqué surtout par les nouvelles technologies et la responsabilité sociale vis-à-vis de la société civile.

La première partie du livre, composée de cinq chapitres, dresse le cadre. L'introduction place ce concept dans le contexte historique de la recherche scientifique. Les auteurs vont jusqu'à parler d'une deuxième révolution scientifique dont la science ouverte serait le paradigme, pour ne pas dire la bannière...

Le deuxième chapitre aide à faire comprendre les différents courants et facettes du concept. « Science ouverte » désigne en même temps l'architecture des systèmes d'information, la production et la gestion des connaissances, leur communication libre sur Internet et en réseau, sans oublier la science citoyenne, une nouvelle forme de participation et d'interaction avec la société civile. Un autre chapitre met l'accent sur l'émergence d'une nouvelle « bureaucratie de la recherche » autour du financement, de l'évaluation (ranking) et des programmes européens. C'est lucide et quelque peu frustrant - le « open » a ses effets pervers et inattendus, pas seulement outre-Rhin ou aux États-Unis.

La deuxième partie, « Tools », réunit six chapitres sur des applications-clés de la science ouverte, notamment dans le domaine du Web 2.0. On y trouve donc les blogs, les réseaux sociaux, les gestionnaires de références, mais également le libre accès, les revues innovantes (PeerJ, etc.) et les logiciels libres (Public Knowledge Project). Chaque chapitre est aussi bien synthèse que mise à jour des développements récents. Pour ceux qui s'y connaissent un peu, c'est sans doute moins pertinent.

Les sept chapitres de la troisième partie, « Vision », analysent et expliquent plusieurs nouveaux concepts et thématiques au cœur de la science ouverte. Dans l'ordre : les nouveaux indicateurs de performance (altmetrics), l'écriture collaborative, les données de la recherche, la propriété intellectuelle du point de vue américain, le financement de la recherche (funding), le crowdsourcing comme nouveau mode de gestion des connaissances et de participation, et la question de la visibilité sur Internet, avec de nouvelles formes de marketing de la science.

L'ouvrage se termine par cinq petites contributions, de deux à trois pages chacune, sur des aspects pratiques en lien avec la production scientifique : les licences Creative Commons, l'organisation de la rédaction collective d'un article, les identifiants uniques pour les chercheurs (ORCID et autres) et pour les données de la recherche (DOI, via DataCite) et, d'une façon surprenante, une analyse critique de la préparation de cet ouvrage.

Le livre se présente un peu comme un numéro spécial de revue. Inutile de résumer toutes les contributions. Elles sont toutes intéressantes et de qualité. On peut le lire d'un trait ou avancer chapitre par chapitre, en fonction des intérêts et du temps. Cela reste instructif, qu'on soit bibliothécaire, documentaliste, formateur, enseignant ou chercheur. La science ouverte a en quelque sorte trouvé ici son ouvrage de référence. Alors, effet de mode ou fait pour durer ? Pour les auteurs, aucun doute : non seulement la science ouverte n'est pas un phénomène éphémère dont on parle aujourd'hui pour passer à autre chose demain mais, de plus, elle sera sans doute tout simplement la manière de « faire la science ». Plus qu'un outil de communication, elle sera le garant de la qualité de la recherche de demain.

Rédigé par ADBS

mise à jour le 24 juin 2015


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