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Mémento de l’information numérique / Jean-Philippe Accart et Alexis Rivier

publié le 26 mars 2013

Paris : Electre - Editions du Cercle de la Librairie, 2012. – 184 p. - ISBN 978-2-7654-1332-5 : 34 €

Analyse de Joachim SCHÖPFEL

joachim.schopfel[at]univ-lille3.fr


« L'INFORMATION EST NUMERIQUE AVANT TOUT ».

Le dernier livre de Jean-Philippe Accart et Alexis Rivier s'attelle à « intégrer comme une évidence ce nouveau paradigme » dans les institutions documentaires, en premier lieu les bibliothèques et les archives. Repenser les métiers de l'information à partir du numérique, (re)inventer le traitement de l'information numérique, ne pas défendre les pratiques de l'univers analogique mais explorer les pistes pour se forger « une réelle crédibilité » dans l'univers numérique - c'est le défi que les deux auteurs se proposent de relever.

Le résultat est un livre technique mais très lisible qui rappelle, sous l'aspect des sciences de l'information et de la documentation, les notions élémentaires de l'information numérique.

Commençons par la fin, par les perspectives pour les bibliothécaires, documentalistes et archivistes. Selon Jean-Philippe Accart et Alexis Rivier, il faut développer cinq compétences indispensables pour rester crédible : assurer une médiation humaine face à la complexité et la diversité des outils et ressources ; organiser l'information numérique en amont de la médiation, à travers des sites web, portails, bases documentaires et du web des données (ce qu'on appelle aussi l'architecture de l'information) ; numériser des fonds et créer les outils et services adaptés pour leur mise à disposition ; garantir le stockage analogique des collections non numériques et s'engager dans l'archivage numérique à long terme.

Avant d'arriver à ces pistes, le livre analyse l'information numérique en quatre parties.

La partie 1 présente le champ d'application de l'information numérique, à partir des deux concepts que représentent l'usager et le document numérique. Les auteurs mettent ici l'accent sur « l'affaiblissement des distinctions tranchées entre production, utilisation ou consommation de l'information », sur les particularités du document numérique et sur les enjeux de la conservation et de l'informatique en nuage (cloud computing).

La partie 2 donne un aperçu global des ressources numériques accessibles. Après une introduction aux Web 1.0, 2.0 et 3.0, le lecteur trouvera une information synthétique sur les bases de données professionnelles, les périodiques, les archives ouvertes, la littérature grise (thèses et mémoires, brevets, actes de conférences etc.), les livres, les images et le multimédia dans l'univers numérique.

La partie 3 étudie la recherche de l'information numérique. Elle rappelle quelques fondements de la recherche documentaire avant d'explorer les moteurs de recherche et quelques outils pour la recherche de documents et d'images. Cette partie s'achève par quelques réflexions sur les réseaux sociaux et par un plaidoyer en faveur du web sémantique pour lutter contre le « chaos informationnel ».

La partie 4 aborde l'utilisation professionnelle de l'information numérique sous deux aspects : l'évaluation de la pertinence et de la crédibilité de l'information ; et la production d'information sous différentes formes, y compris l'encyclopédie Wikipédia. Cette partie contient aussi un petit chapitre sur les « dérives du processus créatif », sur la dévalorisation de l'information par son recyclage perpétuel, sur le plagiat et sur le déclin de l'auteur, en ouvrant le débat sur l'économie, le droit et la société.

La conclusion constate d'emblée que l'information numérique « questionne très concrètement les institutions qui ont traditionnellement la charge de la préservation de la mémoire et de sa restitution : les bibliothèques et les archives » et évoque une « crise majeure qui affecte toutes les institutions en modifiant leur fonctionnement ». Dans la suite, les auteurs réussissent l'exploit d'analyser sur quatre pages comment le numérique bouscule les cinq modèles traditionnellement liés aux bibliothèques et archives : la collection, le catalogue, le prêt, la gratuité et l'archivage. Ces seules quatre pages témoignent de l'expérience et de la hauteur de vu des deux auteurs.

Chaque partie est accompagnée d'une bibliographie bien fournie, en plus des nombreuses notes de bas de page. Quatre annexes terminent cet ouvrage : une comparaison sous forme de tableau de l'information analogique et numérique, une liste de sigles et acronymes, un index matières très détaillé et un index des auteurs cités.

Ecrit pour le professionnel et dans un style clair et lisible, ce livre est succinct et dense, bien documenté, avec beaucoup de liens pour aller plus loin. Il a été présenté en mars 2012 au Salon du Livre à Paris ; neuf mois plus tard, il se trouve déjà dans presque 200 bibliothèques universitaires et scientifiques. Une véritable success story. On lui souhaite beaucoup de lecteurs dans les mois et années à venir.

A propos des auteurs

Alexis Rivier est responsable de la bibliothèque numérique de la bibliothèque de Genève et auteur de plusieurs publications dont en particulier un Aide-mémoire d'informatique documentaire. Jean-Philippe Accart est directeur des études du Master ALIS des Universités de Berne et Lausanne et chargé de recherche à la Bibliothèque et Archives de la Ville de Lausanne, consultant en sciences de l'information, formateur, enseignant et rédacteur en chef des dossiers e-sens de l'Université de Genève[1]. Il est auteur de plus de 200 publications ainsi que de dix ouvrages dont notamment l'ouvrage de référence Le Métier de documentaliste, coécrit avec Marie-Pierre Réthy.


[1] En ligne sur http://www.jpaccart.ch


Rédigé par ADBS

mise à jour le 27 mars 2013


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