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Longévité de l’information numérique : les données que nous voulons garder vont-elles s’effacer ? Rapport / du groupe PSN (Pérennité des supports numériques) commun à l’Académie des sciences et à l’Académie des technologies ; Erich Spitz, Jean-Charles Hou

publié le 12 juin 2012

Les Ullis : EDP Sciences, 2010. – 106 p. – ISBN 978-2-7598-0509-9 : 14 €

L'interrogation présente dans le titre de ce rapport interpelle tous ceux qui utilisent les technologies numériques pour écrire, photographier, scanner, etc. Les entreprises comme les particuliers créent effectivement de nombreux documents sur support numérique. Mais se préoccupent-ils de leur devenir ?

Les auteurs qui signent ce rapport lancent un avertissement sur cette information numérique « dont personne ne s'occupe » et « qui meurt au bout de quelques années ». Pour cela, ils soulignent la différence importante, répétée à plusieurs reprises dans le document, à établir entre stockage et archivage. Car stocker nécessite la présence d'un support. Et le problème posé se situe bien là au niveau de ce support numérique qui « actuellement commercialisé ne peut garantir une bonne conservation des biens au-delà de 5 ou 10 ans environ ! ».

Cette situation préoccupante est à l'origine de cette étude composée de cinq courts chapitres.

Dans le premier, « Périmètres du rapport », les auteurs précisent que leur rapport « ne prend en compte que l'information écrite sur des supports enregistrables, que chacun peut utiliser en quelques exemplaires pour préserver ses données personnelles ». Ils se fixent comme but de proposer des solutions techniques accessibles. Les stratégies possibles sont clairement décrites dans le deuxième chapitre « Archive et oubli ». La stratégie active consiste à recopier sans cesse d'un support vieux vers un support neuf ou à faire appel à un prestataire de service. La stratégie à long terme signe le retour à l'analogique ! Par la suite, les auteurs examinent les supports d'information, leurs qualités et leurs faiblesses pour sélectionner les disques optiques numériques, comme support le plus fiable actuellement. Proposer une stratégie active généralisée implique que l'on établisse une évaluation quantitative du volume de données concernant le grand public, les foyers, les établissements et entreprises. Les choix d'une stratégie passive entraîne les auteurs à recentrer leurs espoirs sur les disques optiques numériques avant de conclure sur quatre principales recommandations données comme des messages d'alerte sur les risques d'oublis des patrimoines informationnels numériques : débloquer les études sur le sujet ; éviter la perte des compétences dans le privé et le public ; favoriser l'innovation et l'apparition d'une offre industrielle de qualité et élaborer une véritable politique d'archivage numérique.

L'ouvrage propose quelques appendices dont la charte de l'Unesco sur la conservation du patrimoine numérique. Sont ensuite présentés quelques projets français. Les appendices suivants, très techniques mais bien explicités et illustrés, décrivent le schéma du processus d'enregistrement d'un disque optique numérique, quelques images illustrant le vieillissement de disques optiques enregistrables, une synthèse du LNE sur la durée de vie des CD-R et des DVD-R, les mémoires à nanotubes de carbone. En guise de conclusion, les auteurs dénoncent quelques idées reçues que leur rapport s'applique à détruire.

Le mérite le plus important de ce document est de souligner un problème qui nous concerne tous puisque nous sommes tous créateurs de documents numériques. Les auteurs s'appliquent à démontrer la fragilité des supports numériques existants, à l'origine de ce problème. Ils souhaitent qu'une prise de conscience permette d'adopter des solutions efficaces pour que la « grande commodité de l'utilisation du numérique » ne soit pas à l'origine de ces informations dont plus personne ne s'occupe, promise à mourir au bout de quelques années.

Marie-France Blanquet

mfblanquet@laposte.net


Rédigé par ADBS

mise à jour le 12 juin 2012


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