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Les Réseaux sociaux : culture politique et ingénierie des réseaux sociaux / Sous la dir. de Bernard Stiegler

publié le 26 décembre 2012

Limoges : FYP Éditions, 2012. – 240 p. – (Nouveau monde industriel). – ISBN 978-2-916571-35-5 : 24,50 €

POUR UNE NOUVELLE CULTURE DU RÉSEAU

Analyse de Joachim Schöpfel

joachim.schopfel[at]univ-lille3.fr

 

Dirigé par le philosophe Bernard Stiegler, cet ouvrage collectif est la retranscription de onze entretiens du Nouveau monde industriel de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) du Centre Pompidou à Paris. L'IRI se positionne au croisement des digital humanities et du social engineering, entre sciences humaines et nouvelles technologies, et porte « une idée politique de la culture moderne ». Ces conférences s'adressent à un public averti et proposent une analyse approfondie des réseaux sociaux sous différents angles. Les auteurs-conférenciers viennent d'horizons et de métiers divers : l'ingénieur côtoie le chercheur, l'enseignant, l'artiste et le médecin et ils travaillentdans les universités, écoles, instituts de recherche, dans l'industrie et les services. Leurs disciplines vont de l'économie, des sciences de l'information et des médias à la psychiatrie, la psychologie et l'informatique. Ce qui les réunit ici sont le sujet et le souci de faire comprendre leur point de vue.

La première conférence de Bernard Stiegler analyse les réseaux sociaux sous l'aspect des relations sociales et interpersonnelles et insiste dans la tradition d'Aristote sur l'amitié comme le « bien le plus précieux à l'époque des sociotechnologies ». Les théories et technologies de réseau font l'objet d'une étude critique d'Alexander R. Galloway, professeur en culture et communication à l'université de New York, qui part de la tragédie antique pour arriver à la cybernétique, la théorie de l'information, ARPAnet et les langages d'Internet. Yann Moulier-Boutang, économiste à l'Université de Compiègne, reprend les notions de l'amitié et des relations amicales dans les réseaux sociaux (les clics « J'aime » et « Contact ») et développe une réflexion autour des liens faibles.

L'architecture distribuée des réseaux sociaux doit se substituer à la centralisation afin de favoriser la diversité des systèmes connectés, la créativité et le développement individuel des personnes : c'est la conviction qu'Annie Gentès et François Huguet défendent avec les arguments des sciences de l'information et de la communication.

Avec la même verve, Christian Fauré de l'Université de Compiègne décrit l'architecture de publication du Web (Wikipédia, blogs, Twitter, géolocalisation etc.), s'oppose à toute hégémonie et défend l'idée d'une appropriation individuelle des réseaux : « L'effet de réseau est positif en ce qu'il renforce la valeur d'un réseau mais il est tout autant négatif si ce renforcement se fait avec des choix qui sont régressifs ».

Un peu plus loin, le psychanalyste Antoine Masson présente une étude du cas de Passado.be, un site réseau et un espace d'échange et d'accueil sur le Web pour des adolescents en difficulté. L'intérêt est le lien entre la technologie et l'architecture du système et le fonctionnement psychique (transfert). L'investissement parfois passionnel, le désir de reconnaissance et la définition de soi-même font l'objet d'une autre conférence, celle de la psychologue Elizabeth Rossé, qui porte plus particulièrement sur le comportement des adolescents et leur choix d'avatars dans les jeux virtuels et les réseaux sociaux.

Le lecteur trouvera d'autres analyses sur la géolocalisation et la protection de la vie privée (Kieron O'Hara, université de Southampton) et sur la modélisation des traces numériques sur Internet (Alain Mille, université de Lyon 1/LIRIS). Ce dernier chapitre intéressera notamment tous ceux qui travaillent sur l'analyse quantitative des pratiques et usages sur le Web (webanalytics).

L'ouvrage se termine par un plaidoyer vibrant pour une nouvelle culture du réseau, un « véritable espace public sur l'internet (qui) induit au passage un renouveau complet des formes de légitimité des structures présidant aux destinées du réseau » dans une logique du « bottom up » (Olivier Auber, entrepreneur et explorateur du Web).

L'objectif du livre ne se résume pas en un seul et unique message. Il s'agit davantage d'un banquet d'experts qui, chacun à sa manière, essaient de comprendre et de faire comprendre comment les nouvelles technologies numériques transforment nos comportements, relations sociales et sociétés.

Mais la particularité de ce livre est sa nature hybride. Les notes de bas de page renvoient vers l'enregistrement des conférences qui permettent, dans une approche d'échange et de participation, de commenter et d'annoter les contributions des auteurs. Ainsi, le lecteur devient lui-même acteur et membre de réseau.




Rédigé par ADBS

mise à jour le 17 janvier 2013


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