Un article intitulé "Does It Pay to Hire a Law Firm Librarian?"[1] ("Vaut-il le coup d'embaucher un documentaliste pour un cabinet d'avocat ?"), publié dans la revue de l'American Bar Association, vient d’agiter la communauté des professionnels américains de l’information.
Au premier degré, les points avancés dans l'article, et dans certains des nombreux commentaires qui l'accompagnent, reprennent plusieurs poncifs éculés sur le métier de professionnel de l'information-documentation en général, ce qui permet, comme il l'a été souligné, de les réfuter facilement.
Mais la communauté des documentalistes juridiques américains s'est naturellement émue de tels propos, donnant lieu, sur la liste LAW-LIB, à un fil de discussion libellé "Who is this guy ?" (Qui est ce type ?) riche d'enseignements à divers points de vue [2].
Même s'il a été vite convenu qu'il fallait prendre le raisonnement de l'auteur de l'article au second degré, et qu'il prêchait le faux pour mieux démontrer le vrai, c'est aussi avec amertume que nos collègues ont reconnu qu'il y avait beaucoup de pertinence dans le miroir qui leur était tendu.
Ce débat peut (et doit) évidemment être proposé à la réflexion de toutes les communautés de professionnels de l'information documentation, de ce côté-ci de l'Atlantique. En période de crise, un documentaliste (ou quel que soit le nom que l'on donne à ce métier) est une cible trop facile pour un gestionnaire de ressources humaines qui cherche à réduire la masse salariale.
Or, ce serait une grossière erreur stratégique dans notre monde qui se numérise de plus en plus, et pour lequel nos professions sont reconnues comme étant largement en avance. Il serait tellement mieux de ne plus avoir à le démontrer.
Les réactions, sous formes de billets et commentaires, ne se sont pas fait attendre. On retiendra tout particulièrement celle d'Emmanuel Barthe : « Pourquoi embaucher un documentaliste, un chargé de KM ou un veilleur en sept arguments sonnants et trébuchants : parce que ce sont des professionnels de l'information et qu'ils coûtent moins cher que les productifs » [3].
Stéphane Cottin, administrateur de l'ADBS.
Références
[1] Does It Pay to Hire a Law Firm Librarian? Patrick J. Lamb, ABA Journal, 17 Nov. 2010 :
http://www.abajournal.com/weekly/article/does_it_pay_to_hire_a_law_firm_librarian[2] Liste LAW-LIB : Fil de discussion : Who is this guy ? :
https://lists.ucdavis.edu/wws/arc/law-lib/2010-11/msg00211.html[3] Pourquoi embaucher un documentaliste, un chargé de KM ou un veilleur en sept arguments sonnants et trébuchants :
http://www.precisement.org/blog/Pourquoi-embaucher-un.html