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Les archives audiovisuelles : politique et pratiques dans la société de l'information

publié le 8 décembre 2009

éd. par Françoise Hiraux. – Louvain-la-Neuve : Academia-Bruylant, 2009. – 251 p. – (Publications des archives de l’Université catholique de Louvain ; 23). – ISBN 978-2-87209-941-2 : 29 €

Les archives audiovisuelles : politique et pratiques dans la société de l'information

Les archives audiovisuelles : politique et pratiques dans la société de l'information

Préserver et transmettre les images et les sons à l'ère numérique

Voici quelques décennies, à la suite de De Solla Price, il était de coutume de qualifier la croissance de l'information d'« exponentielle ». Nous ne parlions alors, bien entendu, que des textes. Nous étions pourtant de plain-pied dans ce « siècle de l'image », comme d'autres avant nous l'avaient baptisé. La photographie, le cinéma, la télévision enfin, avaient imposé la marque de l'époque. Cependant l'application de plus en plus fréquente et banale des outils informatiques à la documentation et, de fait, à l'écrit, allait ériger notre âge en « siècle de l'information ». Il faudra attendre le milieu les années 1980 pour que, sous couvert du succès du multimédia, les images, enfin justiciables d'applications électroniques, prennent toute leur place. La vague irrépressible de l'Internet revivifia la notion de multimédia. Aujourd'hui, l'image a réinvesti les écrans de nos machines professionnelles et personnelles. De fait, la société actuelle génère à chaque instant une masse proliférante de produits audiovisuels de plus en plus nomades et volatiles.

D'autre part, l'image participe pleinement de la notion de patrimoine. Un patrimoine qui deviendrait presque trop envahissant. En particulier avec le multimédia. C'est une question prégnante aujourd'hui : faut-il tout conserver ? « Trop de mémoire tue l'histoire », a récemment déclaré le président de l'INA, Emmanuel Hoog (Le Monde du 24 octobre 2009). Nous pouvons tout conserver, mais le doit-on ? Et, sinon, comment choisir, comment séparer le bon grain de l'ivraie patrimoniale. Avec toutes les questions incidentes : techniques, économiques, sociales, idéologiques... La politique patrimoniale des archives audiovisuelles est l'une des questions clés posées aujourd'hui aux lieux de mémoire.

Nos modèles culturels sont fondés sur l'écrit. Concernant l'histoire orale et la parole enregistrée, la France a longtemps été considérée comme retardataire, voire réfractaire : réticences académiques sur la valeur épistémologique du témoignage, absence de l'œuvre orale dans la législation du droit d'auteur... Depuis les années 1980, elle a su rattraper son retard et offrir au traitement archivistique de l'oralité des pistes de recherche fertile.

Sur toutes ces questions, cet ouvrage propose des témoignages, des expériences, des réponses. C'est, en effet, une œuvre collective constituant les actes des huitièmes Journées des Archives de l'Université catholique de Louvain, en 2008. La vingtaine d'interventions retranscrites ici offrent une grande diversité d'expériences menées dans plusieurs pays (France, Belgique, Burkina Faso, Suisse, Canada, Luxembourg), dans des organisations aux statuts différents (public, privé, associatif), aux objectifs variés (archives, bibliothèques, sites Internet), disposant de moyens inégaux, certaines informatisées d'autres non - de sorte que l'ensemble rencontre la plus grande palette possible d'intérêts, de besoins, d'attentes et d'interrogations. De même, l'angle d'observation diffère selon les statuts des auteurs des contributions : conservateurs, enseignants-chercheurs, archivistes, experts, bibliothécaires, réalisateurs-documentaristes et historiens.

Les différentes contributions qui constituent l'ouvrage informent des développements technologiques dans les secteurs clés de la numérisation et de la mise en ligne des archives audiovisuelles. Elles font également le point en matière de préservation des originaux, de classement et de description.

Françoise Hiraux, qui a dirigé l'édition de ces textes, pose d'emblée la réflexion dans sa globalité : la dimension du sens (le caractère irremplaçable des images dans la matérialisation du passé), la préservation (la dégradation des supports et des moyens de lecture impliquant un coût important, l'usure due à l'utilisation), les responsabilités (politiques de gestion documentaire et d'archivage). La problématique des archives audiovisuelles croise tous ces aspects et participe d'autant d'enjeux, d'interrogations, de défis, d'appel à l'imagination et à la création.

Trois dimensions déterminent aujourd'hui le sort des archives audiovisuelles : leur masse, leur essentielle fragilité et la révolution numérique. Depuis une dizaine d'années, des réponses numériques s'imposent dans les esprits et dans les politiques. Archiver, préserver, décrire et communiquer sont devenus des problématiques technologiques. Il s'agit de numériser les contenus, d'associer des métadonnées de description, de créer de grandes bases de données et de mettre en ligne. Les serveurs et l'Internet se retrouvent désormais systématiquement au cœur du système de l'archive.

Mélange de textes de réflexion, politiques, techniques, d'autres de type panorama, d'autres rapports d'expériences, d'autres très pratiques renseignant sur les associations qui peuvent apporter une aide et signalant la littérature et les sites les plus récents - cet ouvrage se révèle au fil des pages un précieux panorama des politiques et pratiques actuelles des archives audiovisuelles.


Rédigé par ADBS

mise à jour le 8 décembre 2009


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