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Le Web 2.0 en bibliothèques. Quels services ? Quels usages ?

publié le 8 mars 2011

sous la dir. de Muriel Amar et Véronique Mesguich. – Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2009. – 202 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). – ISBN 978-2-7654-0976-2 : 34 €

Le Web 2.0 en bibliothèques. Quels services ? Quels usages ? / sous la dir. de Muriel Amar et Véronique Mesguich. - Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2009. - 202 p. - (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). - ISBN 978-2-7654-0976-2 : 34 €

Le rôle des bibliothèques a été fortement mis à l'épreuve au cours de ces dernières années par différentes évolutions sociétales : explosion de l'offre culturelle sur différents vecteurs numériques, large accessibilité aux ressources et aux connaissances via Internet, baisse de la part de la lecture classique dans les pratiques culturelles, et in fine perte d'attractivité de certains services (le prêt, par exemple). Pour s'adapter à un paysage informationnel qui a changé, les bibliothèques se sont attachées à exploiter les ressorts de communication et de production de contenu offerts par le Web social en allant jusqu'à impliquer les usagers eux-mêmes comme acteurs des dispositifs qui leur étaient jusqu'alors destinés en tant que « consommateurs ».

Progrès technique des dispositifs d'accès aux ressources, manifestation du marketing viral déployé dans d'autres domaines ou mouvement profond de refondation de la relation aux connaissances, le Web 2.0 en bibliothèque - quelle que soit la vision qu'on en ait - devient aujourd'hui une réalité. C'est cette réalité qu'interrogent Muriel Amar et Véronique Mesguich dans l'ouvrage collectif qu'elles ont coordonné en 2009 et qui conserve toute son actualité. Collectif, cet ouvrage l'est assurément puisqu'il s'assure du point de vue de nombreux acteurs impliqués sur ces sujets : responsables et professionnels des bibliothèques (Bertrand Calenge, Thomas Chaimbault, Véronique Delannay) ou d'organismes de formation (Elisabeth Noël, Michel Roland), chercheurs universitaires (Olivier Ertzscheid, Olivier Le Deuff ou encore Hervé Le Crosnier), experts des systèmes bibliothéconomiques (Marc Maisonneuve, Dominique Filippi) ou spécialistes du Web et des nouveaux médias (Serge Courrier, Jean-François Gervais). Peut-être manque-t-il, pour que cet ouvrage dont la baseline est « Quels usages ? » soit tout à fait complet, le point de vue des usagers eux-mêmes ou celui des financeurs publics ?

Si le nombre et la provenance des contributions sont assurément une richesse qui permet de parcourir l'ensemble des questions posées, ils diluent aussi quelque peu celle qui est le fil rouge de l'ouvrage : de l'existence et de l'exploitation constatée d'applications et de services 2.0 (blogs, wikis, flux RSS, indexation sociale, réseaux sociaux, etc.) découle-t-il l'existence d'une véritable bibliothèque 2.0 perçue comme un ensemble intégré ? L'épilogue de Bertrand Calenge donne un peu la clé de ce qui peut apparaître comme une juxtaposition. Le Web 2.0 rapporté aux bibliothèques est à la fois vecteur de construction d'itinéraire personnel, de dissémination de la bibliothèque et de proposition de contenus contributifs, « trois intérêts inégalement partagés et de statuts bien différents ». Le Web 2.0 en bibliothèque est une réalité contrastée qui témoigne pour partie de pratiques internes des bibliothécaires et d'exploitations socio-techniques à finalités diverses (communication, veille, signalement, etc.).

Pour ce qui est des services au public - l'ouvrage le montre bien, notamment à travers différents retours d'expérience en Belgique et au Canada -, le Web 2.0 en bibliothèque se traduit d'abord par l'adoption d'outils qui complètent et actualisent l'offre traditionnelle et les services associés (répertoire de ressources, listes de notices, signalement de nouvelles acquisitions, foire aux questions, etc.). Les opacs 2.0 apparaissent eux-mêmes comme des versions augmentées (couvertures d'ouvrages, extraits, commentaires d'usagers, etc.) des catalogues classiques. Mais la vraie révolution se situe plutôt sur un plan topologique par différents mécanismes d'appropriation ou d'externalisation : « convergence des outils de lecture, d'écriture et de communication » (Hervé Le Crosnier), exploitation de solutions grand public comme Netvibes ou Delicious, matérialisation de la bibliothèque dans les environnements numériques de ses utilisateurs de type Facebook. Ainsi la bibliothèque 2.0 se présente comme un espace de rencontre paradoxal qui peut bénéficier du « mouvement de désinstitutionnalisation global des jeunes vis-à-vis de la culture ». Et, comme le catalogue qui en est le pivot, elle peut devenir « un creuset d'expertises métier - celles des bibliothécaires - et d'autres plus expérientielles, culturelles, subjectivées - celles des utilisateurs. » (Olivier Ertzscheid)

Au-delà des réserves et des interrogations formulées par quelques contributeurs sur certains aspects des pratiques 2.0 (valeur de la recommandation populaire, alignement sur les pratiques de consultation des catalogues commerciaux, etc.), cet ouvrage pose également la question du sens de la médiation numérique et des nouvelles attributions des bibliothécaires (créateurs d'usages, animateurs de communautés de lecteurs, etc.) et s'interroge au final sur la portée sociale et politique des évolutions en cours : domination commerciale par les acteurs du Web, marchandisation indirecte des informations apportées par les usagers, etc.


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mise à jour le 14 avril 2011


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