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Le Management de l'intelligence collective : vers une nouvelle gouvernance

publié le 8 décembre 2009

Olivier Zara. – 2e éd. – Paris : M21 Éditions, 2008. – 270 p. – ISBN 978-2-916260-26-9 : 23 €

Le Management de l'intelligence collective : vers une nouvelle gouvernance

Le Management de l'intelligence collective : vers une nouvelle gouvernance

Un espace en ligne interactif est associé au livre : intelligencecollective.cluster21.com

L'auteur de cet ouvrage, Olivier Zara, est président et fondateur d'une société spécialisée dans les solutions web 2.0 pour les entreprises et le grand public. Le livre se compose de quatre parties.

La première partie est consacrée aux enjeux de l'intelligence collective. Le management individuel constitue le socle du management. Le management collectif ou management d'équipe le complète. Le manager contrôle et coordonne les activités (command and control). Le management de l'intelligence collective, reposant sur le management individuel et le management collectif, consiste à gérer et à développer les ressources intellectuelles d'une équipe. Le manager y est avant tout un facilitateur des coopérations, un « émergeur » (connect and collaborate).

Comparée à l'intelligence individuelle, l'intelligence collective est celle du lien, de la relation. Selon Olivier Zara, les entreprises de l'ère industrielle et commerciale, avec l'avènement de la société de l'information et des réseaux sociaux, vont devoir progressivement devenir des entreprises intelligentes sous peine de disparaître. L'entreprise intelligente repose pour lui sur trois piliers : l'intelligence collective (IC), le knowledge management et les technologies de l'information et de la collaboration. Ces trois piliers sont en interaction permanente, ils sont indissociables et complémentaires.

L'auteur dénonce de fréquentes confusions à propos de la notion de coopération : la coordination consiste à répartir des tâches alors que la coopération consiste à chercher ensemble une solution à un problème ; il y aussi confusion entre collectif (un groupe) et collaboratif (une méthode de travail). Il insiste sur le savoir être coopératif mais, quoi qu'on fasse en terme d'organisation, la culture est toujours la plus forte et elle est principalement déterminée par les dirigeants. Il y a pour lui nécessité de définir un nouveau contrat social co-construit par le collectif, valorisant la coopération pour créer les conditions d'un réel engagement (le contrat collaboratif).

La deuxième partie constitue un « Guide pratique du manager de l'intelligence collective ». Olivier Zara souligne combien le rôle de la confiance est central pour obtenir une « coopération active ». Dans le management de l'intelligence collective, il s'agit de mobiliser et de valoriser les ressources intellectuelles, de piloter les processus collectifs de coopération intellectuelle.

La matrice AXIO (qui en grec signifie « valeur ») propose un processus en six étapes pour atteindre un objectif lié à une activité intellectuelle en établissant une cartographie des informations et des relations humaines pour agir efficacement. Il s'agit d'identifier les acteurs et les opérations à mener, de rechercher et de partager l'information, de réfléchir ensemble, de consulter, de décider, et d'agir. AXIO contribue à créer une vision partagée de la réalité en créant un cadre de référence commun pour optimiser le processus de prise de décision. Et permet ainsi de manager l'intelligence collective et les connaissances en insistant sur l'intelligence situationnelle appuyée sur les technologies de l'information et de la collaboration (web 2.0). Différentes applications en sont proposées tout au long de ce livre.

La troisième partie de l'ouvrage est consacrée à la manière de faire émerger l'intelligence collective dans une organisation. Olivier Zara distingue trois niveaux : le vouloir coopérer, le savoir coopérer et le pouvoir coopérer. La mise en place du pilier IC doit précéder le pilier KM car celui-ci a besoin de coopérations intellectuelles pour bien fonctionner. Le vouloir coopérer pose la question de l'influence de la culture et des représentations sur la performance collective. Le savoir coopérer repose sur les compétences relationnelles. Le pouvoir coopérer, c'est évoluer dans un environnement qui favorise la coopération entre personnes et autres entités avec tout l'enjeu des TIC et de leurs usages avec pour objectif de mettre en place un KM durable, intégré dans le système d'évaluation des performances et dans le système de reconnaissance de l'organisation, en mettant en cohérence les outils et les valeurs.

La quatrième partie, « Pour aller plus loin », repose principalement sur des études de cas (General Electric, Siemens Nixdorf, Crédit Agricole-Finaref, Temex, Altran, WDHB Consulting). Le plus grand danger pour l'entreprise intelligente est que l'information ne soit pas capitalisée ni partagée. Plus que la sécurité du système informatique, la meilleure protection des informations de l'entreprise est la fidélisation de ses employés. Le management de l'intelligence collective étant un nouvel art de travailler fondé sur la co-création et la participation, Olivier Zara insiste logiquement sur les liens entre intelligence collective et innovation, perçue comme l'affaire de tous, personnels de l'entreprise mais aussi clients et fournisseurs.

Des annexes complètent très utilement cet ouvrage, accentuant sa dimension pratique pour les responsables désireux de développer l'intelligence collective dans leur organisation.

Cet ouvrage s'adresse à la fois aux dirigeants et aux experts et consultants en management qui travaillent à faire émerger l'intelligence collective dans une organisation. Très clair, il présente à la fois les concepts et une approche pragmatique avec l'analyse de cas concrets. Au-delà de l'intelligence économique, il propose de passer à l'intelligence collective dans une logique de responsabilité, de partage et de valorisation des connaissances. Il s'adresse aussi à un public plus large (notamment aux étudiants), soucieux de resituer l'intelligence collective dans les grands enjeux de notre société post-industrielle fondée sur la connaissance et les réseaux sociaux.

Christian Bourret


Rédigé par ADBS

mise à jour le 8 décembre 2009


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