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Droit de l’information

Le Cloud computing, révolution ou évolution informatique ?

Atelier organisé par l'Adij, le 23 septembre 2010

publié le 24 septembre 2010

Cumulonimbus. Jez Fabi.Licence CC BY. Wikimédia CommonsQu'il s'agisse d'une rupture technologique ou d'une simple évolution mâtinée d'un peu de marketing (1), comme pour toute solution informatique, il appartient aux juristes de canaliser les risques du cloud computing par des clauses ad hoc dans les contrats, d'où la nécessité de définir avec précision les contours de ce concept.

Tel était  l'objet des interventions de Loïc Rivière, qui reprenait les grandes lignes d'un livre blanc sur le Cloud computing publié par l'association française des éditeurs de logiciels (Afdel), et de Pierre Liautaud qui en a présenté les principaux acteurs (2).

Autour d'un concept

Où l'on rappelle que le cloud computing (3) consiste à partager des ressources informatiques distribuées sur Internet comme l'on partage l'eau et l'électricité, qu'il est le résultat d'une évolution de plusieurs technologies arrivées à maturité, et que cette évolution s'emballe puisqu'il est désormais établi que les services du cloud seront prévalents pour les entreprises dès 2012.

Un peu de jargon, avec le IaaS (Infrastructure as a Service), le PaaS (Platform as a Service) et le SaaS (Software as a Service), mais rien d'insurmontable puisqu'il s'agit des trois couches de services que distribue le cloud (4) ou nuage, autrement dit  l'hébergement, des conteneurs de services logiciels et des logiciels (5).

Les choses se compliquent lorsque l'on comprend qu'il y a une intrication entre l'entreprise et le grand public, entre la technique et les modèles économiques, et que l'on apprend qu'il y a du cloud public, ce qui paraît naturel, mais aussi du cloud privé voire du privé privé et du public public (6).

On se ressaisit quelque peu en reprenant les critères qui permettent de définir le cloud. Il doit s'agir d'une infrastructure virtuelle et partagée (1), obtenue à la demande (2), pour laquelle on ne paie que ce que l'on consomme (3) et qui est accessible partout et à tout moment (4).

Mais la complexité réapparaît lorsque l'on aborde :

  • des aspects techniques, car si les IaaS, PaaS et SaaS percutent les couches informatiques traditionnelles lorsqu'elles mettent du virtuel dans les couches physiques, ce n'est pas de manière constante, d'où des « trous » et des failles dans l'architecture informatique, ce qui est pour le moins troublant ;
  • les modèles d'usage du cloud des entreprises, aux frontières perméables avec les usages informatiques du grand public, qui, déclinables à l'envi entre IaaS, PaaS et SaaS, bousculent constamment la chaîne de valeur informatique ;
  • les stratégies des cloud providers, les grands acteurs classiques (Microsoft, Amazon (7), Google, etc.) mais dont les trajectoires ne sont pas définitivement fixées, et des nouveaux entrants prometteurs qui se positionnent sur les mêmes offres, transformant la chaîne de valeur informatique en un véritable maelström ;
  • la virtualité d'un système rendant impossible de localiser avec précision les données et les serveurs que l'on utilise. N'a-t-on pas fait remarquer que les données se déplaçaient constamment autour du monde pour suivre le soleil qui se couche pour répondre à la nécessité de les « refroidir » ? Où virtuel et physique s'entremêlent à nouveau...

Mais le cloud, ce sont aussi des promesses

En tant qu'internaute, du cloud on en fait tous depuis longtemps, mais sans le savoir, avec des acteurs connus comme ceux que l'on vient de citer, ou d'autres qui le sont moins. Facilité d'usage, fourniture à la demande et prix calculé selon la consommation, font que les attentes des consommateurs, les véritables « drivers » en la matière, et celles des entreprises se sont rejointes.

Pour l'entreprise, cela signifie une baisse des dépenses d'investissement et des coûts, une capacité à s'adapter immédiatement à des besoins commerciaux changeants... Plus aucune entreprise qui aura tâté du cloud ne reviendra en arrière.

... et des inquiétudes

Le souci de la confidentialité, de la qualité, de la sécurité des services et les questions juridiques sous-jacentes expliquent que les entreprises lorgnent vers des solutions de cloud privé, ce qui réduit alors le bénéfice tiré des économies d'échelle. Elles se préoccupent aussi de l'absence de standard, des difficultés rencontrées pour négocier et manager ces services ainsi que de la non-flexibilité des licences qui explique le succès actuel de l'open source. Ce sont aussi des acteurs informatiques qui doivent repenser leurs outils et des entreprises qui doivent reconsidérer leurs modèles internes, également en terme de ressources humaines, pour les rendre cloud compatible, ce qui est loin d'être simple.

Que le cloud computing soit une expression réservée aux usages en entreprises m'a laissée perplexe, tout comme le fait que la question de la sécurité des usages serait secondaire pour le public à qui l'on propose des services gratuits en échange de contrats d'adhésion, soit des contrats non négociables. Or, si l'entreprise se préoccupe du service rendu à son client (ou SLA), le consommateur qui se trouve trop souvent encore face à des clauses aberrantes (8) ne fait pas l'objet des travaux de cet atelier. Seul lui serait reconnu le droit au respect des données personnelles. Cette dernière préoccupation étant également partagée par les entreprises, elle fera l'objet d'un atelier à part entière tant la question, abordée lors de cette réunion à la lumière de la révision en cours de la directive européenne sur les données personnelles, a semblé essentielle et complexe.

Un retard français ? Ce n'est pas certain. On note toutefois une certaine frilosité des entreprises face à l'externalisation de l'ensemble de la chaîne et une offre logicielle traditionnellement plus atomisée que dans d'autres pays. Puisque l'on dénombre aujourd'hui peu d'acteurs de référence en dehors du SaaS,  une politique publique avait  semblé nécessaire. Tel était l'objet du livre blanc de l'Afdel présenté en introduction. Le grand emprunt devrait combler cette lacune, en finançant un projet réunissant Dassault, Orange et Thalès pour construire une offre nationale très attendue dans le Cloud.

Un nuage bien encombré

Évoquer la sérendipité, cette « aptitude à accueillir l'inattendu » propre au concept de recherche floue bien connue du  monde de la documentation, ou plus largement la logique floue, m'a semblé brusquement évident. Quel bel exemple !

ADI, Septembre 2010, Michèle Battisti




Rédigé par Michèle BATTISTI

mise à jour le 27 septembre 2010


Savoir plus : Le blog consacré aux ateliers sur le Cloud computing de l'Adij où l'on trouver l'étude de l'Afdel, une bibliographie, les présentations des intervenants et les comptes rendus des ateliers.

Un rappel. Un écrit personnel sur la question. Le Cloud computing, un mode d'exploitation risqué ? Michèle Battisti, Actualités du droit de  l'information, septembre 2009

Notes

(1) L'image du nuage ou des fermes de serveurs n'explique évidemment pas le succès du concept mais ont contribué à sa médiatisation.

(2) Savoir plus sur les contributeurs et prendre connaissance de leurs présentations sur le blog consacré aux ateliers sur le Cloud computing de l'Adij.

(3) Cloud Computing ou « informatique en nuage » depuis le 6 juin 2010 date où cette définition de la Commission générale de terminologie a été publiée au Journal officiel, le nuage  étant  un « ensemble des matériels et des logiciels accessibles par l'internet, qu'un prestataire met à la disposition de ses clients sous la forme de services en ligne ». Une traduction jugée malheureuse ; il aurait fallu adopter l'expression d' « informatique à la demande », plus parlante.

(4) Dois-je souligner que l'expression de « informatique en nuage » n'a quasiment jamais été reprise lors de l'atelier ?

(5) Panorama du SaaS, PaaS, IaaS, Laurent Marquet, LogicaManagement Consulting, Journée Cloud Computing, 17 mars 2009.

(6) Amazon,  notamment, propose  du Cloud privé, un  pont entre l'informatique traditionnelle qui peut déborder si besoin dans le nuage d'Amazon, comme le fait un VPN, créant ainsi un pare-feu pour l'entreprise.

(7) Amazon, pionnier dans ce domaine, a eu l'idée de proposer à des tiers d'utiliser l'infrastructure qui lui était nécessaire pour répondre à la demande de livres à Noël, inutilisée le reste de l'année, rentabilisant ainsi son investissement.

(8) ActuaLitte nous apprenait le 2 septembre 2010 que « Scribd dépossédait les auteurs de leurs archives ».

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Illustration. Cumulonimbus from plane over NewYork, Jez Fabi.Licence CC BY. Wikimédia Commons

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