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L’éducation à la culture informationnelle - Du CDI à la bibliothèque universitaire : former les usagers à l’information

publié le 8 mars 2011

L'éducation à la culture informationnelle / sous la dir. de Françoise Chapron et Éric Delamotte ; préf. d'Annette Béguin-Verbrugge. - Villeurbanne : Presses de l'ENSSIB, 2010. - 306 p. - (Papiers. Série Colloques). - ISBN 978-2-910227-75-3 : 39 €

Du CDI à la bibliothèque universitaire : former les usagers à l'information / coord. par Vincent Liquète. - Mérignac (F-33705) : Université Montesquieu Bordeaux 4, IUFM d'Aquitaine, 2010. - 102 p.        
Numéro de : Les cahiers d'esquisse, janvier 2010, n° 1

 

Un vivier d'idées et d'expériences propres à enrichir tant la recherche et la pédagogie que l'activité documentaire

Que recouvre le terme de « culture informationnelle » ? Quels sont les outils et les méthodes de cette culture ? Quel type d'éducation peut-elle permettre, compte tenu d'une part de la complexité des nouvelles technologies, d'autre part des capacités cognitives mobilisées par chacun, afin de les utiliser au mieux les unes et les autres pour s'informer et pour informer ?

C'est pour éclairer cette thématique que s'est constituée en 2004 l'équipe de recherche technologie éducation (ERTé) « Culture informationnelle et curriculum documentaire », avec pour objectif d'établir « à la fois un état des lieux des discours institutionnels et un état des lieux des pratiques informationnelles à l'école et dans la famille » et de proposer « des directions d'amélioration [y compris dans] la formation des enseignants » (Annette Béguin-Verbrugge, p. 18). En lien direct avec ce travail de terrain, le colloque « Éducation à la culture informationnelle » (Lille, 16-18 octobre 2008) qu'a suscité l'ERTé avec l'appui de l'Unesco a permis, en réunissant chercheurs, praticiens de la documentation et enseignants de divers pays, d'élargir la réflexion et de confronter les expériences éducatives[1].

La problématique des concepts en question, leurs relations réciproques, en particulier les rapports qu'entretient l'éducation à l'information avec l'éducation aux médias et aux TIC, constituent toute la première partie de ces actes.

Elle s'ouvre sur les interrogations que pose le concept de culture de l'information, qualifié de « concept émergent, c'est-à-dire non encore figé, sujet à de multiples interprétations » (p. 40). Une intéressante comparaison du terme en langues française, espagnole, anglaise et italienne avec l'expression nord-américaine information literacy en souligne la polysémie, l'ambiguïté, mais aussi la richesse (p. 49-57). Une évolution se fait sentir avec « une vision de l'information literacy moins ancrée sur une vision procédurale [...] plus proche des sociétés des savoirs que d'une société de l'information » (Olivier Le Deuff, p. 55). C'est dans cette vision que s'inscrit le concept de culture de l'information et que s'ouvrent de nouveaux champs de recherche. Approfondir les deux termes culture et information dans leur réciprocité, « refonder en profondeur la relation entre culture technique et culture informationnelle » (p. 36), « penser véritablement une culture commune de l'informatique, des médias et du document, déjà baptisée la transliteracy par certains chercheurs américains » (p. 83) - il reste beaucoup à faire, souligne Alexandre Serres !

Un des enjeux est clairement exprimé : en quoi l'école - et l'enseignant documentaliste - peuvent-ils y contribuer ?

Le seconde partie de l'ouvrage est plus précisément axée sur les travaux de l'ERTé autour des notions d'« acteurs informationnels », de leurs stratégies et des offres actuellement à leur disposition. Les pratiques informationnelles, formelles ou informelles, l'entrecroisement entre les sphères scolaire et privée, le rôle des copiés-collés, souvent dénigrés mais constants dans l'activité de recherche d'information des scolaires, la complémentarité du livre et de l'Internet, l'analyse des obstacles au transfert des connaissances entre l'univers extrascolaire et l'école : autant de pratiques sociales d'information analysées et repensées en vue d'en déceler les lacunes et d'en proposer de nouveaux développements en terme de rapport au savoir.

Enfin la recherche en didactique - dont les enjeux sont majeurs pour l'information-documentation - s'avère « un chantier largement ouvert » dont certains champs sont présentés dans le chapitre V.

Reprenant en conclusion les diverses approches des membres de l'ERTé, Françoise Chapron et Éric Delamotte avancent la notion de « socialisation informationnelle » pour caractériser « la façon dont l'ERTé envisage les problèmes d'acquisition/apprentissage » de savoir-faire ou/et de connaissances (p. 291). Ils soulignent la complexité de la recherche et la nécessité d'établir « l'autonomie épistémologique du champ de la culture informationnelle et de sa didactisation » (p. 297). Alors que l'éducation à l'information est trop souvent traitée à la marge, la demande émanant des professionnels et des enseignants ne cesse de croître.

Les recherches engagées, les expérimentations en cours (et dont certaines sont présentées au chapitre II, « Regard international »), le rôle (exposé en annexe) des associations professionnelles dans la formation de leurs publics spécifiques témoignent d'une dynamique pluridisciplinaire et internationale dont cet ouvrage rend largement compte.

De copieuses références bibliographiques accompagnent chaque contribution.

 

Une multiplication d'acteurs et de projets, une convergence d'identités et de logiques

Le même questionnement s'exprime tout au long de la journée d'étude organisée par l'IUFM d'Aquitaine et l'organisme de formation professionnelle Médiaquitaine sur la formation des usagers à l'information « du CDI à la bibliothèque universitaire » (Bordeaux, 8 avril 2009).

Ici aussi est clairement formulée la nécessité d'« aller au-delà de formations centrées sur la maîtrise d'outils pour se poser la question de la transmission d'une culture informationnelle » (Laurence Tarin, p. 6). En réunissant pour en débattre documentalistes de l'enseignement scolaire, bibliothécaires de BU et chercheurs, il s'agit d'envisager la formation des usagers de ces deux types d'institution comme « un processus complexe, continu et progressif » (Vincent Liquète, p. 4), exigeant un partenariat interprofessionnel et de nouveaux contenus didactiques.

L'émergence de nouvelles problématiques dans la formation des scolaires du second degré (Anne Cordier), l'analyse des pratiques formelles et informelles en information, l'examen de l'évolution des pratiques étudiantes et du rôle des bibliothèques universitaires considéré sur les cinquante dernières années, l'impulsion donnée par les Urfist, dont l'activité fait l'objet d'une communication, et par le service Formist de l'Enssib puis maintenant l'ERTé « Culture informationnelle et curriculum documentaire » débouchent sur le constat de la multiplication actuelle des acteurs et des projets.

Si bien des divergences existent entre ces formations dans le secondaire et le supérieur, des exemples de partenariat entre chercheurs et professionnels de l'information, œuvrant ensemble à faire acquérir aux étudiants une culture de l'information, ou entre bibliothécaires formateurs et enseignants documentalistes à l'Université Paris 8 indiquent une conscience commune de la nécessité d'« apporter aux étudiants l'envie d'intervenir dans la production de l'information de façon critique et créative » (Alexandra Saemmer, p. 58).

La synthèse de la journée permet d'esquisser quelques perspectives nées de « la convergence des identités et des logiques » (Anne Lehmans, p. 87). Il s'agit maintenant de faire émerger « un modèle de l'accompagnement », dont les trois dimensions sont exposées ici : culturelle, cognitive et temporelle. Encore faut-il que les moyens institutionnels soient à la hauteur des enjeux !

Bibliographies thématiques et bibliographie générale accompagnent les communications.

Claire Guinchat

[1] Voir notre numéro 1/2009, p. 6.


Rédigé par

mise à jour le 15 avril 2011


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