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Informer n'est pas communiquer / Dominique Wolton

publié le 12 juin 2012

Paris : CNRS Éditions, 2009. – 149 p. – ISBN 978-2-271-06820-0 : 6 €

Dominique Wolton est une personnalité connue du monde des médias, il est licencié en droit, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et docteur en sociologie. Il est directeur de l'Institut des sciences de la communication du CNRS et de la revue Hermès. Auteur prolixe d'une vingtaine d'ouvrages portant sur les rapports entre culture, communication, société et politique (parmi ceux-ci, citons : Penser la communication, Internet et après ?, Petit manuel de survie, L'Autre Mondialisation, Télévision et civilisations, Il faut sauver la communication, Demain la Francophonie), son dernier essai Informer n'est pas communiquer est celui qui nous préoccupe.

Le titre Informer n'est pas communiquer s'affiche comme un slogan et il peut intriguer les professionnels de l'information que nous sommes. Il faut avoir à l'esprit que l'ouvrage est écrit par un spécialiste des médias et de la communication, le positionnement n'est donc pas tout à fait le même qu'en sciences de l'information. Un des points essentiels posé - et qui est reflété dans le titre - est l'importance prise par l'information dans notre société : nous sommes environnés par l'information, dans la vie privée et professionnelle, sur les réseaux en général et grâce aux moteurs de recherche ou aux réseaux sociaux, à la télévision avec les chaînes en continu... L'information étant omniprésente, en flux continu, d'aucuns parlent d'infobésité.

Pour D. Wolton, l'information consiste dans un message et la communication dans une relation. Le récepteur qui reçoit l'information y met du sens. Si l'information est omniprésente et globale à l'échelle de la planète, les récepteurs, eux, sont multiples : ils représentent des langues, cultures, philosophies et religions différentes. L'enjeu n'est pas tant de partager ce que nous avons en commun que d'apprendre à gérer les différences qui nous séparent, au plan individuel et collectif. L'auteur parle alors de « cohabitation ». Laissons-le s'expliquer : « Le défi de la communication est moins de partager quelque chose avec ceux dont je suis proche que d'arriver à cohabiter avec ceux beaucoup plus nombreux dont je ne partage ni les valeurs, ni les intérêts. Il ne suffit pas que les messages et les informations circulent vite pour que les Hommes se comprennent mieux. Transmission et interaction ne sont pas synonymes de communication. » Voilà une citation qui amène à réfléchir.

Être informé, voire « sur-informé », ne signifie pas communiquer. Paradoxalement, l'infobésité entraîne ce que l'auteur qualifie d'« incommunication » : produire, accéder ou échanger de l'information n'entraîne pas obligatoirement une action de communication, car une certaine forme de résistance face à l'information peut se mettre en place (face à l'information qui dérange par exemple ou à un surplus d'information). Pourtant, l'être humain ne peut exister sans communiquer, ce qui n'implique pas qu'il communique bien ou de manière efficace : selon la manière dont il est rédigé, un message peut ne pas atteindre son récepteur, ou être ignoré, ou incompris. Il est alors nécessaire de faire appel à la négociation pour que l'information soit bien comprise et entendue. Une négociation aboutie est, selon les termes de l'auteur, une cohabitation.

La communication est partage, elle permet de mieux comprendre les différences entre les hommes telles qu'évoquées précédemment : Dominique Wolton lance un véritable appel à la tolérance, même si la démonstration peut apparaître comme utopique.

Jean-Philippe Accart

jpaccart@gmail.com





Rédigé par ADBS

mise à jour le 12 juin 2012


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