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publié le 1 octobre 2009
Michèle Hudon, avec la collaboration de Danièle Dégez et Dominique Ménillet. – Montréal : Les Éditions ASTED (diff. en France : ADBS), 2009. – 274 p. – ISBN 978-2-923563-17-6 : 33 €
Comme le mentionne le titre, Michèle Hudon propose une approche méthodologique résolument pratique. Après avoir redéfini les fondamentaux du thésaurus comme lexique de descripteurs associé à une structure relationnelle, elle situe cet outil (chapitre 1) par rapport aux référentiels terminologiques comme les listes de vedettes matières ou à ceux qui sont utilisés sur le web : taxinomies, ontologies, etc. Toutefois, le rôle des thésaurus par rapport aux autres référentiels est traité un peu rapidement [2].
L'auteure analyse la démarche nécessaire pour rédiger un cahier des charges avant de créer un thésaurus. Ses contenus, de l'analyse des besoins à la spécification des caractéristiques essentielles du thésaurus, y sont présentés (chapitres 3 et 4). La méthodologie de construction d'un thésaurus est ensuite détaillée par étapes successives : critères de sélection des descripteurs, combinaison des approches déductives et inductives pour la construction du lexique, regroupements sémantiques par thématiques ou facettes. Dans la construction de la structure relationnelle, Michèle Hudon insiste à juste titre sur la cohérence globale à rechercher pour les niveaux hiérarchiques comme pour les associations conceptuelles. On peut seulement regretter l'absence de développements spécifiques sur la réingénierie d'un thésaurus à partir de la reprise d'un référentiel existant.
L'organisation du travail nécessaire à la réalisation d'un thésaurus - constitution d'un groupe de travail de documentalistes, comité consultatif d'experts - est précisée, de même que le suivi de ces opérations à l'aide d'un échéancier. À un niveau plus technique, l'auteure détaille les modalités d'enregistrement de la base de données qui doit permettre au concepteur de construire son outil de travail au fur et à mesure des étapes de réalisation. À plusieurs reprises, elle propose des exemples d'édition de thésaurus avec leurs différentes présentations (chapitres 6 et 7).
Les développements très actuels, liés à l'utilisation des technologies linguistiques, sont particulièrement intéressants, On relèvera notamment les critères de choix entre précoordination ou postcoordination des termes retenus comme descripteurs, ou encore l'analyse de la structure relationnelle du thésaurus avec des propositions pour une typologie plus précise des relations hiérarchiques, des catégories d'association, des équivalences intralinguistiques. Seule la problématique des polyhiérarchies est traitée un peu rapidement (chapitres 2 et 5).
Michèle Hudon revient à plusieurs reprises sur l'évaluation de l'outil, en relation avec celle du système d'indexation mis en place. Elle définit les critères d'évaluation des thésaurus : richesse conceptuelle et lexicale, structure relationnelle, conformité aux normes (dont on peut regretter que l'analyse, notamment de leurs différences et de leurs limites, ne soit pas plus développée). À cet effet, elle propose des outils et des modalités de mise à jour du thésaurus. Elle expose en quoi les étapes successives de construction d'un tel outil peuvent être déconnectées les unes des autres, dans une démarche itérative qui ouvre des perspectives particulièrement intéressantes pour l'organisation du travail (chapitre 8).
Un chapitre entier (le neuvième) aborde la question des thésaurus multilingues. L'auteure y propose une typologie très précise et très éclairante des équivalences interlinguistiques. Elle insiste sur la nécessité de construire des thésaurus multilingues qui respectent la spécificité de chaque langue en évitant l'écueil d'une langue source qui en soit de fait la langue dominante.
Le dernier chapitre sur la gestion de thésaurus assistée par ordinateur nous a paru plus décevant. Il présente assez rapidement les options proposées (outil bureautique, logiciel spécifique ou intégré à un logiciel de gestion documentaire) et quelques critères de choix de logiciels, avant d'en donner la liste. Il développe de manière plus détaillée l'assistance que le logiciel peut fournir pour contrôler la validation de la structure relationnelle du thésaurus (voir aussi le chapitre 5). On peut regretter que l'importance de SKOS comme standard XML/RDF publié par le W3C pour modéliser les vocabulaires contrôlés et notamment les thésaurus ne soit pas évoquée, alors que cela nous semble, pour les concepteurs de thésaurus, une piste de travail intéressante à explorer pour faire évoluer leurs référentiels terminologiques.
Voilà un ouvrage qui remplit parfaitement son rôle annoncé de guide pratique. À ce titre, il constituera un outil de travail des plus utiles à tous les documentalistes confrontés à la construction d'un thésaurus.
[1] Volume 44, n° 1, février 2007, p. 12-95.
[2] Pour compléter cette mise en relation des thésaurus avec les autres référentiels, notamment avec les ontologies, on relira avec profit l'ouvrage de Bruno Bachimont Ingénierie des connaissances et des contenus. Voir notre numéro 2/2008, p. 69.
Rédigé par ADBS- L'ASSOCIATION DES PROFESSIONNELS D
mise à jour le 1 octobre 2009
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