Après des études de lettres et d'espagnol, Evelyne Luctkens a
obtenu une licence spéciale en sciences de l'information et documentation (Infodoc) de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Responsable d'un centre de documentation scientifique pendant plusieurs années, elle a ensuite eu une expérience de knowledge manager, avant d'être engagée en tant que consultante senior dans une entreprise.
Pourquoi avoir choisi la documentation ?En complément des cours qui me permettaient d'obtenir des diplômes en lettres et en langues, j'ai opté pour une formation en documentation, formation qui, à l'époque, me paraissait plus robuste et dont les aspects techniques m'avaient attirés.
Vous avez trouvé tout de suite un emploi, j'imagine...J'ai découvert le monde scientifique en 1983, dans le cadre de mon premier emploi auprès d'un laboratoire de recherche dans le domaine électrique. J'y ai notamment géré la circulation des périodiques et réalisé des recherches documentaires. J'ai quitté cet emploi à mi-temps pour un travail à temps plein dans un centre interuniversitaire de documentation en sciences sociales. J'y participais à la constitution d'une base de données bibliographique consacrée à l'emploi et la formation. J'ai occupé ensuite un poste de chercheur en traduction automatique à l'ULB pendant trois ans, de 1984 à 1987, pour un projet qui visait à traduire les manuels informatiques d'une société.
Vous avez acquis progressivement un profil plutôt technique...Oui, d'autant que j'ai travaillé ensuite pour Shell dans un centre de recherche consacré aux polymères. De 1987 à 2004, j'ai été responsable du service d'information que j'avais eu l'opportunité de mettre en place dès l'ouverture du laboratoire. Les relations publiques et la gestion administrative (secrétariats, catering, agence de voyage) sont venues s'ajouter à mes activités "documentaires". Les tâches accomplies dans ce dernier cadre étaient assez classiques (gestion des abonnements à des bases de données et à des publications, recherche documentaire). Pour la gestion des rapports de recherche disponibles dans notre laboratoire, j'ai sélectionné un logiciel de gestion documentaire qui nous permettait de mettre à disposition des rapports sous format électronique, qu'il s'agisse de documents électroniques natifs ou numérisés par nos
soins. Ensuite, en tant que knowledge manager pour la branche Chemicals Research du groupe, il m'incombait d'y harmoniser la gestion documentaire, plus particulièrement de coordonner les activités des laboratoires anglais, américain, hollandais et belge.
Et aujourd'hui ?Suite à une réorganisation des services, j'ai présenté ma candidature chez IRIS. Créée en 1987 autour d'un logiciel de reconnaissance optique des caractères, objet d'une thèse, cette PME est à présent devenue une entreprise internationale. Outre le développement de différents logiciels qui permettent de reconnaître des caractères imprimés ou manuscrits ainsi que des formulaires, la société propose aussi ses services pour des projets de gestion documentaire auprès d'institutions publiques et privées. Après avoir été consultante en gestion documentaire pour des organisations internationales, soit surtout la Commission européenne et celles qui gravitent autour d'elle, je suis à présent chargée de projet et responsable de la coordination de réponses à des appels d'offre. ...ce qui demande notamment des compétences linguistiques La langue anglaise est devenue ma langue de travail. Je peux également m'exprimer en espagnol et en néerlandais. J'ai veillé à entretenir et à développer par des cours du soir les différentes compétences linguistiques acquises lors de mes études. Mes expériences passées, chez Shell notamment, y ont également contribué. J'ai aussi tenu, dans la mesure du possible, à développer mes connaissances en suivant différentes formations, notamment les séminaires organisés par l'INRIA en collaboration avec l'ADBS.
© L'Oeil de l'ADBS, Michèle Battisti, sept. 2008