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Évaluer la bibliothèque / Valérie Alonzo et Pierre-Yves Renard (dir.)

publié le 24 mai 2013

Paris : Electre Editions du Cercle de la Librairie, 2012. – 186 p. – ISBN 978-2-7654-1373-8: 35 €


UNE RESPONSABILITE SOCIALE

Analyse de Joachim Schöpfel


Encore un livre sur l'évaluation en bibliothèque ? Pourquoi cela ? Tout n'a-t-il pas déjà été dit ? Les éditeurs justifient cette publication par la nécessité d'adopter de nouvelles pratiques d'évaluation, et par le besoin de s'adapter à de nouvelles demandes et un environnement qui a beaucoup changé. Ils ont bien fait.

Adopter de nouvelles pratiques d'évaluation

Le livre consacre une grande place à ces nouvelles pratiques, notamment par rapport à deux sujets d'étude privilégiés, les enquêtes de public (Evans) et l'évaluation des collections (Daudin et Mazens). Ces deux chapitres font la part des choses entre approches quantitatives et qualitatives et intègrent l'usage et l'acquisition des ressources numériques. Mais il va plus loin. Deux études font comprendre dans le détail et exemples à l'appui la mise en place et l'utilisation d'un tableau de bord (Delcarmine) et la démarche de certification qualité (ISO) en milieu de bibliothèque (Bressoud Guérin). Un autre chapitre (Renard) ouvre une perspective internationale, par rapport aux indicateurs, normes (ISO) et référentiels et leur application dans la mesure de performance. Pour toute procédure d'évaluation, et à fortiori quand il s'agit d'un audit, identifier et utiliser un référentiel constitue un élément essentiel de réussite. Un chapitre court mais pertinent.

S'adapter à de nouvelles demandes

Sur le terrain, l'évaluation se généralise. Elle devient peu à peu une démarche naturelle (p. 105). Le premier chapitre présente l'historique, la méthodologie et la finalité de l'évaluation des politiques publiques, ses contradictions et obstacles (Bacache-Beauvallet). Le deuxième chapitre décrit l'évaluation et les statistiques dans l'administration des bibliothèques françaises (Carbone). Il s'agit d'un précis de tout ce qu'il faut savoir sur les statistiques des bibliothèques publiques et universitaires, sur les indicateurs, la collecte et les instances de contrôle, la LOLF, les classements, les acteurs... Tout cela sur quinze pages - un exploit. Un troisième chapitre - le dernier du livre - ouvre la perspective sur l'évaluation de la performance sociale et économique, dans le cadre de la responsabilité sociale connue surtout dans le secteur privé (Proll).

L'évaluation vise à objectiver l'analyse de l'activité d'un service (et) produire des statistiques (p. 11). D'une manière plus générale, la diffusion et la discussion des résultats incluent un aspect politique et un aspect de communication, ce qui n'est pas neutre mais engage la gestion stratégique de l'établissement. L'ouvrage a le merite d'ouvrir un sujet plutôt technique et gestionnaire à cette dimension politique.

Il s'agit d'un ouvrage collectif. Chaque chapitre a été écrit par un ou deux auteurs, des professionnels de la bibliothèque pour la plupart. Les deux directeurs de l'ouvrage travaillent à la bibliothèque Cujas et au Conseil Général de Maine-et-Loire. Ils ont publié leur livre comme un manuel, pratique, méthodologique, avec des exemples concrets, des outils et indicateurs.

Revenons à la question initiale. Pourquoi lire ce livre ? Voici trois bonnes raisons. 1 : Le chapitre de Pierre Carbone sur l'évaluation et les statistiques dans l'administration des bibliothèques françaises. Comme tout ce que Pierre Carbone écrit, c'est un texte de référence, précis, exhaustif, incontournable. 2 : Le chapitre de Roswitha Poll sur la mesure de l'impact économique et social des bibliothèques. Il est temps de mettre les bibliothèques face à leur responsabilité sociale, au même titre que n'importe quel autre service, et ceci non pas seulement d'un point de vu politique mais sur le terrain, à travers l'évaluation de leurs performances. Dans ce sens, ce petit texte - une traduction - est une première en France. 3 : La qualité du travail collectif, la cohérence de l'ensemble, la lisibilité et aussi, comme on dit, l'usabilité. En plus d'être un manuel, c'est un livre didactique. Personnellement, je l'utilise déjà en cours de master. Et je pense qu'il trouvera vite sa place dans beaucoup de bureaux de direction, de chefs de service et de chargés d'études, de formateurs, d'enseignants et d'étudiants préparant des concours et examens.





Rédigé par ADBS

mise à jour le 24 mai 2013


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