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Économie des données personnelles et de la vie privée

publié le 14 février 2011

Fabrice Rochelandet. – Paris : La Découverte, 2010. – 125 p. – (Repères. Économie ; 546). – ISBN 978-2-7071-5765-2 : 8,50 €

Que les données personnelles, qui présentent un intérêt à la fois pour les entreprises et les administrations, fassent l'objet d'un marché, voilà qui est établi depuis bien longtemps. Mais, comme on le découvrira dans cet ouvrage, une analyse économique de ce secteur s'avère à bien des égards éclairante.

Pour faire le point sur cette question, il était utile de cerner, dans un premier chapitre, les notions d'identité et de vie privée que l'on croit pourtant maîtriser - ces notions développées depuis bien longtemps, appréhendées par plusieurs disciplines, étant particulièrement confuses car mouvantes, susceptibles de varier considérablement selon les individus, les groupes et le temps.

Spamming, phishing, perte d'emploi, prix majorés.... : le marché des données personnelles donne aussi lieu à diverses dérives, comme nous en avons désormais pris conscience. Il convient donc également d'évaluer s'il faut intervenir ou non et, dans l'affirmative, à quel moment et selon quelles modalités. Où l'on découvre alors que, quel que soit le système adopté, celui-ci a un coût qu'il appartient de minimiser à la fois pour l'État, pour les entreprises et pour les individus, afin d'allier au mieux efficacité économique, sécurité et bien-être social. Tel est l'objectif, à la fois crucial et complexe, souvent « obscurci par des débats partisans », que les économistes tentent de clarifier en présentant plusieurs modèles.

Le deuxième chapitre est consacré tout particulièrement aux théories développées par l'École de Chicago, pour qui la « privacy » est source d'inefficacité, et à cinq points de vue contraires et tout à fait pertinents, mettant ainsi en évidence le fait que, dans ce domaine aussi, les théories sont fort différentes de part et d'autre de l'Atlantique.

Externalités négatives ou positives, illustrées par la distinction entre le marketing direct et le spamming, asymétries informationnelles, non-rivalité, coût de transaction : après avoir lu ce livre, vous serez rompus à ces notions que le troisième chapitre développe largement. L'attention, telle est la ressource rare que l'on entend capter sur les réseaux, et qu'il convient de gérer avec doigté, comme vous l'aurez compris aussi, ne serait-ce qu'en constatant le rôle ambivalent que peut alors jouer, dans ce cadre, une protection des données personnelles.

Mais le consommateur est bien souvent passif ou, lorsqu'il s'expose volontiers, il adopte une position pour le moins ambiguë. Il convient alors de se pencher sur son comportement, objet d'un quatrième chapitre. Informations insuffisantes, rationalité limitée et distorsion psychologique : ces facteurs expliquent qu'un individu ait une faible propension à se protéger, ce qui, dans certains cas, justifierait une intervention légale.

Laisser-faire, labellisation, sanctions légales... : plusieurs solutions sont effectivement envisageables. Le cinquième chapitre mettra l'accent sur les points forts et les points faibles de chacune d'entre elles, ainsi que sur l'enjeu d'une attribution de droits de propriété aux individus. L'on constatera alors que, comme bien souvent, une réponse binaire n'est pas de mise et que concevoir une réglementation optimale sur les réseaux, s'avère un exercice particulièrement difficile.

Mais puisqu'un « patchwork de solutions » a aussi un coût, il convient, démontre Fabrice Rochelandet, de poursuivre cette analyse économique en explorant d'autres pistes non encore abordées, et en collaboration étroite avec d'autres disciplines. Il faudrait, en effet, approfondir davantage l'analyse des comportements des individus et des modèles d'affaires pour définir des systèmes réellement équilibrés afin que « le meilleur des mondes marchands ne vire pas au cauchemar numérique » et que « les libertés individuelles ne soient pas remises en cause au nom de la sécurité et des impératifs marchands » - note conclusive que nous reprenons volontiers à notre compte.

Michèle Battisti
michele.battisti@adbs.fr


Rédigé par ADBS

mise à jour le 28 novembre 2011


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