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Droit de l’information
Le 19 décembre 2009
Cette décision était inéluctable si l'on applique strictement le droit d'auteur français [2]. Il y avait indéniablement atteinte au droit moral en raison de la mauvaise qualité des reproductions, les « coupes aléatoires » faites pour présenter des extraits qui « dénaturaient » ainsi les œuvres et une atteinte au droit de divulgation pour les auteurs qui n'avaient pas expressément manifesté leur volonté d'être republiés. Il y avait aussi atteinte au droit patrimonial de l'éditeur cessionnaire des droits, son autorisation étant requise pour toute reproduction et représentation de l'œuvre dont il détient les droits[3]. Mais fallait-il appliquer le droit français ? Comme le démontre un billet (réf.2), cela n'est pas vraiment évident et Google (réf. 12) pourrait s'emparer de cette question en appel.
Au-delà du rappel des faits, il s'agit d'une décision emblématique qui souligne le fossé qui sépare deux systèmes juridiques - le Copyright et le droit d'auteur - et nous ne nous lassons pas de souligner que l'enjeu est de définir la loi applicable (réf. 2) et d'obtenir un consensus - ce qui se traduirait par un rapprochement - au niveau international.
C'est bien au nom d'un droit à l'accès (concept étranger au droit français) que l'avocate de Google souligne que la « décision du TGI de Paris constitue deux pas en arrière » et qu'elle « met la France à la queue du peloton de l'internet ». Mais l'opt-out, soit le retrait a posteriori des œuvres numérisées[4] et la diffusion d'extraits, qui vont bien au-delà de la courte citation, sont des pratiques elles aussi étrangères au droit d'auteur français.
Si la décision du TGI de Paris était confirmée en appel, voire en cassation (ce qui n'est pas acquis), il faut en évaluer les conséquences économiques (arrêt du référencement des ouvrages édités par le groupe La Martinière par Google) et politiques (soutien de systèmes parallèles et modification législatives, notamment pour régler la question des œuvres orphelines[5]) et faire le contrepoids qui s'impose.
Mais la question posée par Google Recherche de livres va bien au-delà d'un problème lié à la propriété intellectuelle des auteurs et des éditeurs. Comme nous l'avons souvent souligné, Google ne doit pas être le filtre unique de toutes nos lectures (réf. 8), ce qui plaide en faveur de la multiplicité des offres (réf. 4).
Rédigé par Michèle BATTISTI
mise à jour le 30 décembre 2009
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