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Dispositifs info-communicationnels : questions de médiations documentaires

publié le 14 février 2011

sous la dir. de Viviane Couzinet. – Paris : Hermès Science Publications : Lavoisier, 2009. – 263 p. – (Systèmes d’information et organisations documentaires, ISSN 1961-8409). – ISBN 978-2-7462-2287-8 : 59 €
Les « dispositifs info-communicationnels » auxquels cet ouvrage est dédié constituent des « moyens de diffusion des connaissances produites » (p. 19) et sont envisagés comme « processus de médiation visant à faciliter l'accès au document dans un contexte particulier » (p. 28). Autant dire que tous les lecteurs de Documentaliste - Sciences de l'information sont concernés !

Six dispositifs extrêmement variés dans leur composition ou leur agencement mais présentant de nombreux points communs

Dans un chapitre introductif, Viviane Couzinet, professeure en science de l'information et de la communication et directrice du Lerass (Laboratoire d'études et de recherches appliquées en sciences sociales) à Toulouse, précise le cadre des travaux engagés en 2003 qui sont à l'origine de cet ouvrage. Il s'agissait, pour l'équipe MICS (Médiations en information-communication spécialisée) du Lerass, de contribuer à l'élaboration de la notion de « dispositif info-communicationnel » comme dispositif de médiation à travers l'analyse de six situations particulières.

Trois grands secteurs sont ici mis à l'honneur : la formation, la recherche scientifique et la culture. Les six dispositifs choisis, dans autant d'environnements particuliers, font chacun l'objet d'une contribution. Le secteur de la formation est approché à travers le réseau SCEREN de l'Éducation nationale (Patrick Fraysse) et le dispositif propre à l'enseignement agricole (Isabelle Fabre et Cécile Gardiès). Les dispositifs documentaires de la recherche scientifique publique en Espagne (CINDOC hier, IEDCYT aujourd'hui) et en France (du CDST à l'INIST) font l'objet d'une deuxième série de deux articles. Dans une troisième et dernière partie, le domaine de la culture est abordé par l'étude des spécificités des dispositifs mis au service des missions et activités des architectes (Caroline Courbières) puis, dans une dernière contribution, du dispositif info-documentaire d'une école d'art contemporain de la région toulousaine (Gérard Régimbeau).

Chacun des dispositifs est présenté dans son contexte historique, ce qui offre une intéressante fresque d'une bonne moitié du XXe siècle documentaire pour ces secteurs. Puis chacun des auteurs a défini et fouillé à la fois le périmètre d'étude choisi, les structures et missions de ces dispositifs, les aspects humains, les techniques mises en œuvre ainsi que les méthodes de travail et outils de traitement de l'information qui ont été privilégiés. Des tableaux et des références complètent cette photographie de chacun des dispositifs.

 

Une étude centrée sur la diffusion des connaissances

Sur le plan scientifique, cet ouvrage a la particularité de traiter la médiation de la connaissance et des savoirs (éducatif, scientifique ou artistique) non pas, comme il est d'usage, à travers la production concrète que l'on pourrait qualifier de « primaire » - les programmes ou les cours d'enseignement, les expériences ou productions scientifiques, le bâtiment en tant qu'œuvre d'un architecte -, mais plutôt en valorisant les dispositifs qui participent à la diffusion des connaissances auprès de publics de plus en plus larges, s'appuyant alors plus particulièrement (mais non exclusivement) sur des traces « secondaires » voire « tertiaires ».

En plus de nous donner une image forcément partielle mais éclairante sur l'histoire et le fonctionnement de ces différents environnements sociaux et techniques, ces travaux avaient également comme projet de questionner la notion même de « dispositif » et de réseaux (local/global, entités dominantes/secondaires, centre/périphérie). Ce point d'ancrage impose de déplacer l'analyse et l'observation du « tout » vers celles de l'« articulation de ces composants », avec la nécessité de (re)contextualiser en permanence l'analyse qui en est faite. Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, le service de documentation d'un fonds régional d'art contemporain ne peut être conçu et analysé que dans la relation fonctionnelle établie entre lui et l'entité administrative du FRAC, ainsi que dans le cadre d'activité défini par les dispositifs national, régional et local de la documentation en art contemporain (p. 239).

Le choix de se centrer sur la « diffusion des connaissances » à l'exclusion de leur « production » est justifié ici par la prépondérance donnée, au sein des secteurs étudiés, à la médiation « primaire » (parce que c'est une affaire de « créateurs » ou d'« auteurs » ?), ce qui, de fait, rend peu visibles les dispositifs de diffusion de ces connaissances produites. Si ce parti pris se justifie pour les secteurs de la formation, de la recherche scientifique et de la culture, qui semblent distinguer très fortement la production et la diffusion de connaissances, il révélerait peut-être ses limites dans le cas d'autres secteurs professionnels où, au contraire, il semble important de mieux articuler production et diffusion de connaissances. L'étude du dispositif documentaire au service des architectes montre bien un de ces environnements où la communication des connaissances produites s'articule à la production de celles-ci à l'intérieur du même dispositif.

L'étude des dispositifs informationnels semblera familière à certains d'entre nous. Souvent réalisées dans le cadre de travaux liés à la veille et à l'intelligence économique, ces activités s'appuient sur l'observation des systèmes d'acteurs et de leurs rôles, et conduisent à l'élaboration de « cartographies de secteurs » produites alors dans bien d'autres activités que celle de diffusion des connaissances. Ces publics seront intéressés par la méthodologie et par l'approche choisies dans ces travaux.

D'une lecture aisée, cet ouvrage offre une présentation concrète de l'organisation et du fonctionnement dans le temps de dispositifs info-communicationnels, fondée sur une analyse approfondie, menée dans la durée et en suivant une méthodologie fouillée. Une lecture transversale fait apparaître des convergences entre les différentes situations décrites : autant d'accroches pour élaborer et renforcer une identité professionnelle commune !

Sylvie Dalbin
SylvieATD@aol.com


Rédigé par ADBS

mise à jour le 28 novembre 2011


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