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Critique de la société de l’information

publié le 8 mars 2011

coord. par Jean-Paul Lafrance. – Paris : CNRS Éditions, 2009. – 182 p. – (Les Essentiels d’Hermès, ISSN 1967-3566). – ISBN 978-2-271-06922-1 : 8 €

Critique de la société de l'information / coord. par Jean-Paul Lafrance. - Paris : CNRS Éditions, 2009. - 182 p. - (Les Essentiels d'Hermès, ISSN 1967-3566). - ISBN 978-2-271-06922-1 : 8 €

Lancée en octobre 2008, la collection « Les Essentiels d'Hermès », dirigée par Dominique Wolton, cherche à aborder d'une autre manière la recherche contemporaine. Comme l'indique la présentation générale de cette collection, « chaque ouvrage aborde un thème précis avec pour objectif de donner au lecteur les clés intellectuelles pour comprendre les travaux scientifiques de ce domaine ». Chacun reprend en effet les articles les plus percutants publiés depuis 1988 dans la revue du CNRS Hermès, accompagnés d'une présentation inédite et actualisée, d'un glossaire et d'une bibliographie sélective.

Fidèle à la philosophie de la collection, celui-ci reprend plusieurs articles parus en 2004 dans le numéro 39, intitulé Critique de la raison numérique, et dans le numéro 45 de 2006 consacré aux Fractures dans la société de la connaissance. Sept auteurs sont réunis ici, dont certains sont connus des documentalistes : Dominique Cardon, Henri Hudrisier, Jacques Perriault, Pascal Petit, Alain Rallet, Caroline Rizza, et enfin Dominique Wolton. Ils débattent de thèmes aussi variés que la blogosphère, la fracture numérique, l'économie de la communication, la diversité culturelle et linguistique d'Internet.

En guise de présentation générale, Jean-Paul Lafrance, qui coordonne cette publication et qui est rattaché à l'Université du Québec à Montréal, cherche à rendre plus concrètes et plus parlantes les notions générales de « société de l'information », de « société de la connaissance » ou simplement celle d'« information », jugeant cette dernière très ambiguë. Il signale un paradoxe : « Les difficultés de communiquer seront un des traits majeurs de la société de l'information. »

Parmi ces contributions, certaines attirent plus particulièrement l'attention, notamment celles qui portent sur les réseaux sociaux, traités d'une part par Dominique Cardon dans « Le rôle du citoyen dans la blogosphère » et par le même Jean-Paul Lafrance dans « Les réseaux sociaux ». Le Web 2.0 que ce dernier qualifie de « participatif » présente quatre visages : des canaux de diffusion d'information libres de tout contrôle éditorial ; des aires de discussion permettant de partager des informations ; la possibilité de créer des réseaux  personnels, professionnels, amicaux, etc. ; la création de plateformes permettant les échanges rapides d'information. Même si un sentiment d'appartenance à ces réseaux se crée avec le temps, Dominique Cardon souligne plutôt un type de « relations en pointillés ». Ces réseaux montrent aussi le degré de solitude dans « une société anonyme ». Concernant la frontière vie privée / vie publique qui suscite beaucoup de débats, ces auteurs voient plutôt se dessiner « un clair-obscur ».

Henri Hudrisier insiste sur la nécessaire adaptation d'Internet au multilinguisme et sur le fait que les grands organismes de normalisation tels l'ISO ou le W3C ont permis de construire un univers multimédia. Il donne plusieurs exemples de langues asiatiques comme le japonais qui posent des questions complexes de transcription et de codage.

Jacques Perriault parle de « la norme comme instrument d'accès au savoir en ligne » : par « savoir en ligne », il entend des cours, bases de données documentaires, revues scientifiques, bibliothèques électroniques, mais également des sites personnels, du chat, des blogs, des wikis... Selon lui, « les documentalistes ont été les pionniers de la mise en ligne des savoirs », ce qui mérite d'être relevé.

Enfin, pour Dominique Wolton, « une société de la communication est plus qu'une société de l'information ». Tout a changé dans le monde actuel : les techniques, l'économie, la société elle-même, avec la multiplication des moyens de communication (terrestres mais aussi technologiques). Il préconise de sortir de la fascination des outils et de repenser la communication.

Cette analyse est évidemment très partielle, au vu de l'ensemble des contributions, très riches. L'ouvrage dans son ensemble tend à montrer que cet « Essentiel d'Hermès » n'est pas seulement une critique de la société de l'information, mais également une défense de celle-ci.

Jean-Philippe Accart


Rédigé par ADBS

mise à jour le 28 novembre 2011


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