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Connaissances rationnelles et action publique. Dossier / coordonné par Lise Demailly et Jean-Louis Darréon

publié le 20 mars 2013

Toulouse : Presses universitaires du Mirail, 2010. – 172 p.- ISBN 978-2-8107-0151-3 : 21 € Numéro de Sciences de la société, ISSN 1168-1446, février 2010, n° 79

Analyse de Marie-France Blanquet

Le titre de ce numéro en explicite clairement l'objet. « Quelle est la place des connaissances dans le processus de décision propre à l'action publique ? ». Telle est l'interrogation fondamentale formulée par  Lise Demailly et Jean-Louis Farréon qui assurent  la coordination de ce dossier. Et pour répondre à cette problématique originale, des chercheurs, des enseignants et des sociologues organisent leurs réflexions à partir de trois principaux axes composés chacun de trois séries d'articles.

Le premier axe pose les données théoriques de l'interrogation qui fonde ce travail en analysant l'impact de  l'introduction  d'outils d'évaluation dans les services publics d'enseignement et de recherche. S. Louvel et S. Lange ouvrent le débat en comparant les dispositifs d'évaluation de la recherche en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. «  A quoi servent les enquêtes PISA ? » questionnent à la suite E. Mangez et B. Cattonar, qui prennent appui, pour leur démonstration, sur le cas de la Belgique francophone. O. Chantraine présente les indicateurs et récits dans le nouveau management des universités tout en s'efforçant de comprendre la crise de communication qu'a généré, dans les universités européennes et plus spécifiquement françaises, l'adoption du « processus de Bologne ».

La seconde série d'articles entraîne le lecteur sur des terrains très concrets. .L. Demailly expose, à propos  du fonctionnement du champ de la santé mentale en France, une perspective  établissant le lien entre connaissance et choix en action publique. Pour sa part, S.Müller énumère les fortunes et infortunes des professions « établies », en s'interrogeant plus spécifiquement sur le rôle des pharmaciens et des vétérinaires dans la rationalisation sanitaire en industrie. Enfin, V. Delgrève analyse l'expertise scientifique et la gestion rationnelle des pêches maritimes. Toutes ces contributions se croisent sur une même interrogation portant sur l'articulation de plusieurs sources de savoirs, parfois conflictuelles, prétendant à la rationalité.

La troisième série d'articles étudie le rapport entre connaissance et action publique dans le domaine des politiques territoriales. C. Granjou, I. Mauz et A. Cosson font part de résultats d'enquêtes menées dans le secteur des espaces naturels et protégés pour démontrer la coexistence de différents dispositifs emmêlés dans une sorte de « foisonnement expérimental ». Ensembles, F. J. Daniel, M. Vidal, D. Busca et R. Barbau se demandent si les controverses sociotechniques sont socialement et politiquement productives. Leur réponse passe par l'analyse d'un cas, celui des vautours fauves des Pyrénées. Enfin, V. Simoulin pose un constat : quand l'ambition ne rime pas avec réalisation, l'action publique étant confrontée aux limites de la volonté politique.

Le document est intéressant. Chaque article apporte, dans une écriture claire, une vision originale sur le sujet débattu. Les universitaires,  les chercheurs et les étudiants, quelque soient leurs disciplines d'ancrage, ne peuvent qu'être interpellés par ces considérations qui les concernent pleinement. Les professionnels sur le terrain, tels les pharmaciens, les vétérinaires, par exemple, évoqués dans les contributions, seront curieux des réflexions portées sur leur environnement et leurs activités.  Le lecteur découvre, grâce à eux, des mondes qui leur sont en partie ou totalement inconnus comme les pêches maritimes ou la gestion des oiseaux de proie. Et il est toujours enrichissant d'ouvrir une fenêtre.

Le lecteur regrettera cependant deux choses : la première concerne la date qui sépare la remise des manuscrits de la publication de la revue. Deux ans, c'est beaucoup. La revue a connu des difficultés que le directeur de publication explicite dans une correspondance adressée aux abonnés. Il semble cependant dommage d'avoir pris le parti de la publier, sans aucune révision pour l'actualiser, avec un tel retard sur un sujet qui a forcément évolué.

Le deuxième regret concerne le choix des responsables de donner la conclusion en introduction. Les coordinateurs établissent, en effet, un bilan des apports des différentes communications qui constituent le document. Cela entraîne le lecteur sur une lecture pré-guidée. Il eut mieux valu proposer une réelle conclusion, à sa place, pour permettre au lecteur de confronter librement ses propres conclusions avec celles apportées par les maîtres d'œuvre de l'ouvrage.


Rédigé par ADBS

mise à jour le 20 mars 2013


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