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Bibliothèques : les nouveaux usages. Guide pratique Archimag n° 42

Quelles mutations à l’œuvre dans les bibliothèques ?

publié le 17 octobre 2011

Les bibliothèques « à l'ancienne » sont devenues inadéquates au regard des attentes de la population. Conscients du déficit, leurs professionnels ont opéré une mutation en passant d'une « politique des publics à une politique des usagers ». Le dernier guide Archimag invite à prendre la mesure de cette évolution à partir d'un panorama transversal dressé autour de cinq thèmes principaux : l'écosystème formé par les bibliothèques, les publics, la gestion des fonds, les métiers et les lieux physiques.

Concevoir une stratégie de services pour une nouvelle relation entre usagers et bibliothèques amène à reconsidérer le modèle de bibliothèque, à repenser le rôle du bibliothécaire et à mettre en œuvre des services innovants.

Sur le premier point, les présidents des trois principales associations professionnelles, ABF, ADBU et ADBGV[1], répondent qu'il n'y a pas de modèle de bibliothèque unique, mais des modèles à combiner, où l'on travaille davantage sur des logiques de diffusion que sur celles de l'accès et en apportant des réponses collectives, les seules qui puissent être entendues. Le nouvel enjeu tient en effet en la capacité des bibliothèques de travailler ensemble et de regrouper leurs moyens avec comme objectif à terme d'en faire des espaces de partage « entre les personnes autour des documents et non pas seulement des personnes avec les documents » et des lieux de vie en misant sur l'élargissement des publics. Leur rôle social tient à cette formule : « Avant tout être humaines pour entrer en concurrence avec Internet ».

Le passage d'une industrie logistique massivement orientée vers le prêt à une société de services suppose une évolution des métiers. Les compétences des personnels sont des composantes fondamentales dans ce contexte ; des compétences accrues et diversifiées pour être à l'écoute des attentes des usagers mais aussi flexibles, à la fois informationnelles, communicationnelles et administratives. Polyvalence et acculturation professionnelle se substituent désormais à la monoculture et à la spécialisation. Le bibliothécaire « coach de l'information » doit savoir gérer les différents modes d'accès au savoir, y compris ceux qu'il ne contrôle pas, mais également publier des contenus externes ainsi qu'éditorialiser l'ensemble de ses collections et des ressources repérées. La perspective de nouveaux métiers créés sur le modèle des data librarians est en train de se concrétiser.

D'autres nécessités émergent : le travail sur le mode collaboratif notamment pour adapter les investissements les exemples anglais, danois, allemand et néerlandais méritent d'être examinés sur ce point , l'acquisition d'une culture numérique commune et plus largement d'une formation continue permanente pour suivre les mutations en cours.

Selon Jean-Philippe Accart, la technologie actuelle est un excellent moyen de « penser public ». Elle permet de s'adresser aussi bien à l'usager physique qu'à l'usager virtuel en proposant des services en ligne identiques à ceux proposés sur place ; des services personnalisés et interactifs dans lesquels l'usager est pleinement acteur.

Au niveau du back office, les bibliothécaires ont su tirer profit des renouvellements d'équipements ou de l'introduction de nouveaux outils pour rendre plus visible l'existant. Quelle que soit l'institution, le changement de SIGB est surtout l'occasion de « muscler » la partie visible pour l'usager, c'est-à-dire le portail web. Le smartphone, de plus en plus adopté parce que perçu comme un outil de médiation important, valorise le site et les collections qu'il permet de visualiser lorsqu'il est associé à un code QR.

Webradios, podcasts, comptes sur Facebook, galerie de photos sur Flickr, etc., aident les bibliothèques à se construire une identité numérique.

La recherche de la qualité est plus que jamais au cœur de toutes ces démarches. Mais sa mesure reste une question délicate. Si la culture de l'évaluation a gagné les bibliothèques depuis plus de dix ans, la question du sens de l'efficacité du service en bibliothèque et des critères qui la définissent demeure.

L'état des lieux proposé sous-tend une problématique fondamentale, celle des missions des bibliothèques. Les nombreux exemples cités réaffirment leur vitalité et invitent à expérimenter. On peut considérer les learning centres et la nécessaire « rupture mentale » que crée l'usage de son terme (sic David Aymonin) comme une parfaite illustration du processus d'innovation en cours.

 

Mireille Lamouroux, septembre 2011
mireille.lamouroux@laposte.net


[1] ABF : association des bibliothécaires de France

ADBU : association des directeurs de bibliothèques universitaires

ADBGV : association des directeurs des bibliothèques municipales et intercommunales des grandes villes de France


Rédigé par ADBS

mise à jour le 25 novembre 2011


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