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Les Revues : figures et cas / sous la dir. de Viviane Couzinet

publié le 25 septembre 2015

Toulouse : Cépaduès Editions, 2015. – 257 p. – (Information, documentation, communication). – ISBN 978-2-36493-181-7 : 20 €

Analyse de Pierre NAEGELEN
pierre.naegelen[at]univ-tlse3.fr


LE RÔLE DES REVUES NON SCIENTIFIQUES DANS LE PARTAGE DES CONNAISSANCES  

Déjouant l'horizon d'attente suscité par son titre, le propos de l'ouvrage collectif issu du travail de l'équipe toulousaine Médiations en information-communication spécialisée (MICS) ne vise pas à investir le champ d'étude des revues scientifiques, mais celui des autres revues qui participent sous des modalités diverses à la circulation et au partage des connaissances :

« la revue ne se cantonne pas à la mise en circulation de la recherche, on la retrouve aussi dans la diffusion de l'expérience, dans la mise en visibilité d'un patrimoine, dans la vulgarisation de la technique, ce qui induit des différences dans la forme et dans l'écriture du contenu. ».

Il existe bien sûr des zones d'intersection, notamment lorsque ces revues partagent avec les revues scientifiques un même objet d'étude, ou bien quand les contributeurs sont issus pour partie du monde universitaire. On parlera alors de « revues hybrides ».

L'étude conduit à l'établissement d'une typologie des revues qui ne sont pas scientifiques stricto sensu. Les revues locales s'attachent à étudier et valoriser un territoire, des traditions, des monuments. Les revues institutionnelles valorisent les actions des institutions dont elles sont l'émanation. Pour autant, elles ne sont pas déconnectées du monde de la recherche, ou du moins des questions de médiation des connaissances. Dominique Trouche montre comment la revue Chemins de la mémoire, mensuel du ministère de la Défense créé en 1990, s'apparente à une revue de vulgarisation comme L'Histoire ou Historia, tout en se voulant, dans un discours qu'on pourrait qualifier d'« impur », un reflet de l'action du ministère de la Défense.

Cette ambiguïté de l'objet se décèle également dans la mixité des contributeurs, soit chercheurs, soit membres de l'institution. Les revues professionnelles ont pour objet la diffusion et le partage d'une expérience. Les auteurs distinguent les « revues professionnelles techniques », centrées sur les outils, les « revues professionnelles hybrides », particulièrement poreuses au monde de la recherche et enfin les «  revues professionnelles pour la pratique » centrées sur l'expérience quotidienne.

Cependant, la répartition tripartite revues locales/institutionnelles/professionnelles est souvent subsumée par la catégorie des revues « hybrides ». Ainsi du cas des revues d'écoles d'ingénieurs : « revues institutionnelles » en tant que véhicules de communication et d'autopromotion des institutions, qui s'apparentent également à des revues scientifiques dans la mesure où elles font une bonne place à la recherche appliquée. C'est que, comme le souligne Patrick Fraysse à la suite de Viviane Couzinet, « la diffusion des savoirs scientifiques [est] le résultat d'hybridations des médiations qui intègrent différents types de discours [...] le tout dans différents types de revues ».

En définitive, le champ d'étude de l'équipe du MICS met en lumière les modes de diffusion de la connaissance entre la sphère scientifique et la société civile, et permet d'interroger le type de relations qu'elles entretiennent.

 


Rédigé par ADBS

mise à jour le 28 septembre 2015


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