Accès direct au contenu

English flag English

Recherche avancée

ADBS
L'association des professionnels de l'information
et de la documentation


Vous êtes ici : Accueil > Accéder à la doc professionnelle > Nous avons lu...

Bibliothèque

Les Bibliothèques et la médiation des connaissances / Bertrand Calenge

publié le 30 juillet 2015

Paris : Éditions du Cercle de la librairie, 2015. – 147 p. – (Bibliothèques, ISSN 0184-0886). – ISBN 978-2-7654-1465-0 : 35 €

Analyse de Joachim SCHÖPFEL
joachim.schopfel[at]univ-lille3.fr

« EMPRUNTER DE NOUVELLES VOIES POUR FAIRE VIVRE LES BIBLIOTHÈQUES »

Il y a des livres qui racontent le monde. D'autres en éclairent un aspect particulier. Le dernier livre de Bertrand Calenge appartient à cette 2e catégorie. Il parle de la médiation des bibliothèques. Ce n'est pas un sujet nouveau. Beaucoup d'encre a coulé sur la fonction centrale de l'intermédiation des bibliothèques ou, plutôt, sur la perte de cette fonction dans la société de l'information. Souvent, ce constat est accompagné d'un plaidoyer en faveur d'une ré-intermédiation, afin d'assurer la survie des bibliothèques comme institutions culturelles et scientifiques. Alors, pourquoi lire encore un autre ouvrage ? Pour au moins trois raisons.

Les relations humaines
La première raison est la grande place qu'occupent les relations humaines dans ce livre. À consulter la littérature professionnelle, on a parfois l'impression que la médiation est d'abord une question de technique, de procédure, de technologie. Bertrand Calenge adopte une autre approche. La médiation, c'est avant tout ici une histoire entre personnes, une relation entre professionnels et publics, une attitude citoyenne, un lieu social. C'est aider, accompagner, former, favoriser (et assister) l'autoformation - le livre montre comment cette médiation pédagogique peut se décliner dans les bibliothèques publiques et universitaires. Mais il va plus loin, aborde les partenariats, l'échange et le partage : comment mobiliser les publics pour faire partager ? Comment construire ensemble un corpus documenté, voire une collection ? Le lecteur fera le lien avec les pratiques sur Internet, et il découvrira comment la médiation s'approprie les concepts de la responsabilité sociale pour donner un nouvel élan aux bibliothèques.

Les connaissances

À la différence d'autres auteurs, Bertrand Calenge met l'accent sur la médiation des connaissances. Jusqu'alors, il était surtout question de la médiation des collections, des services et outils pour que, comme le disait Ranganathan, chaque lecteur trouve son livre et chaque livre, son lecteur. Ici, « les collections ne sont pas [...] au centre des préoccupations » (p. 39) et « il faut se tourner vers les publics que nous servons [...] toujours en attente de savoirs augmentés » (p. 40). Étudier les besoins informatifs, les satisfaire avec des ressources externes (« contenus informatifs »), mettre à disposition des « connaissances utiles à une population et en assurer l'appropriation » (p. 40). Nous ne sommes pas loin d'autres approches et modèles qui placent les besoins du public (usagers, communautés, etc.) au cœur de la politique des bibliothèques. Le lien est vite établi avec les idea stores, information commons, community commons et autres learning centres, et avec les initiatives pour une « nouvelle bibliothèque ». Repenser la fonction de médiation des bibliothèques à partir de la relation qu'elles entretiennent avec leur public et la population : c'est la deuxième raison de lire cet ouvrage.

Les définitions

La 3e raison est complètement différente. Comme tout bon pédagogue, Bertrand Calenge s'est attaché à reprendre la terminologie et définir les concepts-clés. Cet effort rend le livre particulièrement utile pour tous les enseignants, formateurs, étudiants et élèves. Un exemple : « La médiation, fondamentalement, est une intervention humaine construite et adaptée à une situation préoccupante à caractère non hiérarchique qui ne peut être résolue sans négociation » (p. 30). Autre exemple : « La médiation des connaissances est un dispositif humain, fonctionnel, et continu, activement organisé pour l'accroissement des connaissances d'une population, mobilisé par l'identification des besoins cognitifs des personnes concernées, et s'inscrivant dans leurs pratiques et dans la communauté qu'elles constituent » (p. 38). Prenons les paris : ces définitions serviront en cours et lors des examens...

En fait, il y a même une 4e raison de lire l'ouvrage : Bertrand Calenge, conservateur général des bibliothèques et directeur des études à l'Enssib, livre une réflexion en marche, née d'une longue expérience du terrain, de la pratique professionnelle aussi bien que de la formation et de l'enseignement. Le résultat est tout sauf une somme encyclopédique et définitive. Il invite à débattre, à mettre en question, expérimenter et emprunter de nouvelles voies pour faire vivre les bibliothèques. C'est exactement ce dont ces dernières ont besoin : un bon livre. Seul (tout petit) regret : l'absence d'une bibliographie. L'auteur explique la raison de ce manque, qu'il faut respecter. Mais dommage tout de même.



Rédigé par ADBS

mise à jour le 28 septembre 2015


L'ADBS sur les réseaux sociaux

NOUS SUIVRE
    

PARTAGER CETTE PAGE

haut de la page

ADBS.fr - Site du premier réseau européen de documentalistes