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Lectures numériques. Une enquête sur les grands lecteurs / Paul Gaudric, Gérard Mauger et Xavier Zunigo

publié le 23 décembre 2016

Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2016. – 192 p. – (Papiers, ISSN 2114-6551). – ISBN 979-10-91281-70-6 : 22 €

Analyse de Maud STEPHAN-HACHEM
mstephan@ul.edu.lb







Un tour d'horizon des effets du numérique sur la production et la diffusion des écrits

Cet ouvrage se propose d'examiner ce que la lecture numérique a changé dans nos manières de lire, en se fondant sur une enquête de type qualitatif. Partant du constat que les usages de la lecture et les types de lecture sont variés et différents, et qu'on ne saurait les englober dans une même analyse, l'enquête s'intéresse à deux types particuliers de lecture : la lecture de la presse numérique et la lecture de type littéraire.

Tandis que l'utilisation de l'Internet pour le courrier, pour les échanges sociaux et pour la vie pratique a fait de la lecture fragmentaire une pratique quotidienne généralisée, les pratiques intensives de lecture pourraient, quant à elles, révéler plus précisément les changements induits par ce qu'on appelle « la révolution numérique ».

C'est donc à partir d'entretiens approfondis avec de grands lecteurs, à la manière des Histoires de lecteurs [Mauger, Poliak et Pudal, 1999], que les auteurs se demandent si l'on peut effectivement parler de « révolution » en ce qui concerne la lecture numérique, dans le sens d'une discontinuité par rapport aux manières de lire avant l'ère de l'Internet et des documents sous formats numériques.

L'analyse des pratiques de lecture de la presse et de la littérature numériques s'inscrit dans le cadre des principaux changements qui ont touché leurs champs respectifs : extension et diversification des usages des technologies numériques et réduction des écarts dans leur distribution sociale (chapitre 1), évolutions dans les modes de production et de diffusion de la presse (chapitre 2) et du livre (chapitre 5).

En ce qui concerne la lecture de la presse, la production de l'information en continu, sa fragmentation et sa dispersion d'une part, l'apparition de nouveaux acteurs, de nouvelles formes de diffusion et de nouveaux prescripteurs d'autre part, recomposent le lectorat et l'étendent bien au-delà du cercle des fidèles à un titre. Ces changements ne semblent pas bouleverser les hiérarchies entre sources d'information mais modifient les modes de lecture de la presse numérique qui bénéficient notamment de la multiplicité de l'offre, des facilités d'accès et de la gratuité.

Ainsi, une majorité de lecteurs numériques consultent quotidiennement plusieurs titres, suivent l'information sans horaires fixes et recourent à diverses sources pour se forger leur propre opinion. Les changements dans les modalités temporelles, dans la sélection des sources de l'information et leurs usages ainsi que les attitudes par rapport aux nouveaux acteurs ou aux nouvelles formes de diffusion (blogs, réseaux sociaux) sont ainsi décrits en se fondant sur des entretiens avec des lecteurs de la presse.

La majorité des lecteurs semble encore aujourd'hui désorientée par la multiplicité des plateformes et des acteurs et l'instabilité des standards. Les entretiens avec des lecteurs intensifs de la presse numérique, exerçant un métier politique ou technophiles, révèlent des pratiques de lecture que l'on pourrait considérer comme pionnières. En effet, leur maîtrise de l'offre éditoriale et des technologies numériques leur permettent de décrire et d'analyser des parcours de lecture mieux adaptés aux supports numériques.

La lecture de type littéraire, quant à elle, connaît des changements au niveau des conditions de lecture plutôt que dans l'acte de lecture lui-même. Les liseuses s'adressent en particulier aux grands lecteurs de romans et de littérature, qui en vantent les qualités techniques telles que la facilité de transport, les capacités de stockage, l'immédiateté de l'accès, etc., facilitant l'accumulation des livres et révélant une forme de hiérarchie, toujours à l'œuvre, dans la valeur symbolique des livres numériques et imprimés. Par ailleurs, le numérique a favorisé l'intervention de nouveaux acteurs et de nouveaux modes de prescription, mais n'a pas non plus fondamentalement modifié l'impact des instances de prescription plus traditionnelles.

Sont enfin examinés deux exemples de lecture intensive liés au développement des technologies numériques : la lecture de science-fiction prisée par les technophiles et la pratique de la fanfiction[1]. Pour les auteurs, « l'utilisation généralisée des technologies numériques et les inquiétudes qu'elle engendre sont au principe du revival de la science-fiction », cependant que les fanfictions sont des pratiques amateurs dont la diffusion est facilitée par le Web.

La conclusion suffirait à elle seule à justifier, si cela était encore nécessaire, la lecture de cet ouvrage. Cadrant le propos par un tour d'horizon des principaux effets du numérique sur la production et la diffusion des écrits, elle fait une synthèse des modes d'appropriation des textes sur support numérique, tels que révélés par les entretiens, identifie les continuités par rapport notamment à la « révolution audio-visuelle » et en circonscrit les ruptures. Pour les auteurs, « la continuité et discontinuité de la lecture dépendent plus du genre du texte lu ou du type d'usage associé à la lecture que du support de l'écrit ».

 

 

 

 

 

 

1 « Une fanfiction est un récit que certains fans écrivent pour prolonger, amender ou même totalement transformer un produit médiatique qu'ils affectionnent, qu'il s'agisse d'un roman, d'un manga, d'une série télévisée, d'un film, d'un jeu vidéo ou encore d'une célébrité ». Source : Wikipédia

 


Rédigé par ADBS

mise à jour le 23 décembre 2016


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