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Évaluer la bibliothèque par les mesures d’impact / sous la dir. de Cécile Touitou

publié le 22 mars 2017

Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2016. – 182 p. – (Boîte à outils, ISSN 1259-4857 ; 37). – ISBN 979-10-91281-76-8 : 22 € ; ISBN numérique 979-10-91281-77-5 : 13,20 €

Analyse de Claire NGUYEN
claire.nguyen@dauphine.fr




La question du rôle et du positionnement de la bibliothèque

À l'heure où les bibliothèques éprouvent une concurrence « multimodale », l'évaluation se révèle cruciale pour démontrer leur importance et leur valeur. Cet ouvrage dirigé par Cécile Touitou met en lumière une méthode d'évaluation de la bibliothèque par les mesures d'impact, dont la force est de partir des usages constatés et mesurés et de se co-construire avec les usagers, se gardant d'évaluer pour évaluer.

Évaluer, certes, mais pourquoi, dans quel contexte, pour qui, par qui et... comment ? L'évaluation par mesure d'impact recueille des données quantitatives qui peuvent être induites (par exemple les statistiques d'utilisation des ressources numériques) mais aussi qualitatives, qui peuvent être sollicitées (questionnaires, enquêtes, entretiens) ou observées. Sa force et sa complexité sont fondées sur le croisement et l'analyse de ces données si différentes mais complémentaires. Plus qu'une méthode permettant de dresser un diagnostic, cette évaluation constitue un outil de pilotage et de définition des missions de l'établissement, en constante évolution, et suivant les changements de la nature, des usages et des besoins des publics.

L'une des idées-force est de faire sortir les bibliothécaires de la bibliothèque et de la traditionnelle approche-métier : il s'agit d'aller au-devant des usagers, voire se mettre à leur place, en utilisant des instruments tirés de l'économie, du marketing mais aussi de l'informatique et de l'anthropologie. Le présent ouvrage prend en compte tous ces aspects, de manière résolument pragmatique, tout en ne perdant jamais de vue la dimension stratégique.

Constitué de 15 articles (en plus d'un très utile memento synthétique et méthodologique), il est signé de 18 contributeurs d'horizons variés : des bibliothécaires (directeurs et praticiens de terrain, issus de la lecture publique et académique), des consultants et des enseignants-chercheurs. De plus, deux auteurs néerlandais enrichissent opportunément les perspectives.

Les trois parties de l'ouvrage (contexte, outils et méthodes, pilotage) se déroulent de manière très logique, posant contexte et définitions, et donnent à voir des exemples et des outils, des cheminements et des expériences d'autant plus reproductibles qu'elles sont documentées étape par étape et accessibles même à des bibliothèques disposant de peu de moyens humains et financiers.

On appréciera les développements sur les outils (tableaux de bord et indicateurs, Libqual+, Read, ezPaarse par exemple), les normes (ISO2789 et 11620), les méthodologies (étude des zones de chalandise, design UX, méthodes du tri par cartes, sweeping, tests d'utilisabilités, fiches diagnostics), pertinemment parsemés de mises en garde, de conseils pratiques, d'encadrés, qui illustrent la lecture et la rendent, comme en écho au contenu, itérative. La réflexion sur les enjeux de l'impact économique est très instructive et fait le point sur les études d'impact et les analyses coûts/bénéfices qui ont été, par exemple, menées dans les pays anglo-saxons. Aucun service de la bibliothèque n'a été oublié, qu'il soit physique ou virtuel.

On aurait aimé cependant de plus amples développements sur l'observation et les entretiens personnalisés avec les usagers, ou voir aborder la méthode du storytelling. De même, nous aurions aimé en savoir un peu plus sur les finalités de l'utilisation de la méthode Read à la BPI et les actions envisagées. Quelques perspectives auraient pu être discutées, notamment le fait que les bibliothèques puissent devenir le support de libération des données produites par leurs collectivités.

En conclusion, cet ouvrage se révèle nécessaire par son contenu certes mais aussi par le « plaidoyer » qu'il porte et se propose de faire : l'évaluation ne fait pas que mesurer, elle pose la question du rôle et du positionnement de la bibliothèque. Savoir à quoi sert une bibliothèque permet de définir son essence et sa valeur, il s'agit donc d'une question essentielle et existentielle.


Rédigé par ADBS

mise à jour le 22 mars 2017


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